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Actualité

 

Grève des enseignants en Algérie

 

Grève des enseignantsC’est officiel, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a annoncé hier la prolongation de l’année universitaire jusqu’au 31 juillet pour les universités touchées par la grève.

Le département de Harraoubia a précisé que les universités en grève peuvent prolonger l’année universitaire «selon leur situation» jusqu’au 31 juillet au plus tard, pour permettre de «finaliser les préparatifs de la prochaine rentrée universitaire, prévue le 5 septembre».

Tout en appelant les enseignants à faire preuve de sagesse, le ministère a exhorté ces derniers à «se rapprocher des services de leurs universités pour rattraper le retard occasionné par la grève». Pour les enseignants décidés à poursuivre la grève, le ministère n’écarte pas des sanctions administratives pour toute transgression du contrat professionnel les liant au ministère.

En effet, selon les déclarations d’une source proche du ministère, faite en marge de la cérémonie de distinction des majors de promotions à l’université d’Alger, citée par l’APS, les enseignants grévistes «devront assumer pleinement leurs responsabilités. Le contrat professionnel les liant au ministère obéit à des conditions précises».

La même source souligne que «toute transgression de ces conditions entraînerait des sanctions administratives». Malgré ces mises en garde de la tutelle, les grévistes semblent camper sur leur position, notamment pour ce qui est de «la levée des poursuites judiciaires contre leurs représentants comme préalable à toute sortie de crise».

Même la lettre envoyée par le ministre de l’Enseignement supérieur à l’adresse de la communauté universitaire n’aura pas eu l’effet d’apaisement espéré.

Dans une déclaration rendue publique, hier, les enseignants de l’université de l’USTO, réunis en assemblée générale pour débattre de cette lettre, ont réitéré leur détermination à poursuivre le mouvement de grève. Les syndicalistes de cette université, qui reste avec l’université de Bab Ezzouar une des universités qui a connu le plus de perturbations, restent «déterminés et attachés à la plate-forme de revendications initiale».

Ils insistent, en plus de l’extinction de toutes les mesures judiciaires contre leurs collègues, sur la prise en charge de leurs doléances, et notamment en matière d’augmentation de salaires sectoriels, d’affection des logements sociaux et de démocratisation de la gestion de l’université.

La section CNES de l’USTO estime que «la lettre que vient d’envoyer le ministre de l’Enseignement supérieur à la communauté universitaire, dans laquelle il ne parle que des résultats de la bipartite, ne fait que confirmer les enseignantes et les enseignants grévistes dans leurs propos quand ils précisaient que toutes les interventions du ministre, le PV commun, ministre - ex-coordonnateur du CNES, n’étaient que promesses».

Dans cette lettre, lue hier au campus Taleb Mourad (ex-IGMO) à Oran par le chef de cabinet du ministère, M. Brahim Osmane, à l’occasion de la cérémonie de clôture de l’année académique 2005-2006, organisée par l’université d’Oran, le ministre a exprimé la détermination de son département à continuer d’oeuvrer pour améliorer la situation socioprofessionnelle des enseignants.

Parmi les acquis relevés dans le cadre de cette démarche, le ministre cite «l’ouverture des droits à l’accès à la propriété des logements anciennement considérés comme logements de fonction, le lancement de plusieurs projets de logements socio-participatifs ainsi que la fixation avec effet au 1er juillet 2006 de l’augmentation salariale en faveur de tous les corps enseignants universitaires au plus haut montant arrêté par la bipartite».

Le ministre cite aussi parmi ces acquis «le report des délais limites de soutenance des thèses de doctorats d’Etat pour permettre aux enseignants concernés d’achever leur travail de recherche (...) et de postuler au rang magistral». Pour ce qui est du volet relatif à la consécration de la démocratisation de la gestion des établissements universitaires, il se traduira par «une participation plus importante des représentants élus de tous les corps d’enseignants universitaires, au sein de l’ensemble des organes délibérants et consultatifs», souligne par ailleurs le ministre.

«Notre action ne s’arrêtera pas là: l’opportunité de la promulgation prochaine du statut général de la fonction publique et l’ensemble de ses textes d’application, sera l’occasion pour le ministère de concrétiser l’intérêt accordé par les plus hautes autorités de l’Etat au statut social de l’enseignant universitaire», lit-on dans la lettre de M. Harraoubia adressée à la communauté universitaire.

Par B. Mokhtaria Et H. Barti - Quotidien Oran

   
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