Secteur de l'énergie en Algérie
L’incendie survenu le 6 juin 2006 au niveau de la plate-forme de Skikda aura été vraisemblablement l’accident de trop.
Surtout qu’il ponctue une série véritablement tragique d’accidents survenus dans les installations pétrochimiques, comme celui d’Arzew ou encore l’explosion en janvier 2004 du GNLK à Skikda, qui aura fait 27 morts et 90 blessés, avec des dégâts évalués, selon certaines sources, à 700 millions de dollars.
Ou encore l’incendie qui s’est déclaré en octobre 2005 dans les bacs de stockage de pétrole brut toujours dans la plate-forme de Skikda, faisant 1 mort et deux blessés et des dégâts matériels. Sans compter les incidents qui surviennent dans des petites unités et même des station-service relevant de Naftal, qui font suite dans leur majorité à un manque flagrant de vigilance.
Le ministre de l’Energie et des Mines, dans ce contexte, n’hésitera pas à mettre en cause le facteur humain, particulièrement en insistant sur le manque de vigilance, le laxisme et la passivité, et affiche sa détermination à mettre fin à une situation qu’il qualifie de préoccupante.
En ce sens, l’ensemble des managers du secteur de l’énergie et des mines a été destinataire d’une directive en date du 28 juin 2006 relative à la prévention des accidents au niveau des installations, et dans laquelle le ministre du secteur, Chakib Khelil, affiche sa détermination à infliger les sanctions à tous les contrevenants qui failliraient dans l’exécution des instructions données dans le sens de la préservation de l’intégrité du patrimoine dans son ensemble.
Dans la circulaire en question, le premier responsable du secteur de l’énergie et des mines relève qu’en dépit de toutes les actions onéreuses jusque-là engagées à l’effet de juguler les accidents dans les installations relevant du secteur, ni les hommes ni les unités de production ne sont épargnés pour autant. Chakib Khelil, qui relève avec regret, une fois de plus, un tel constat, se référera pour appuyer son propos à l’incendie survenu tout récemment au niveau de la plate-forme de Skikda. Cet incendie, rappelons-le, s’est déclaré près d’un pipe de fuel reliant la raffinerie au port pétrolier. Le sinistre aurait pu se transformer en véritable catastrophe, puisqu’il était localisé non loin de l’enceinte du complexe GNL (GL1K).
Partant de ce tragique événement, le ministre rappelle aux gestionnaires des entreprises du secteur qu’à maintes occasions, il avait exigé d’eux qu’ils se tiennent en état de veille permanente. L’expérience, soutiendra-t-il, vécue ayant prouvé que la réplique aux accidents est souvent difficile et leur effet de surprise réduit considérablement les chances pour les circonscrire.
L’auteur de la circulaire interpellera ces gestionnaires, leur demandant s’il n’avait pas suffisamment insisté sur la vigilance comme ligne de conduite à tenir et plus encore sur l’anticipation pour prévenir la récurrence de tels accidents. Ceci pour mieux affirmer qu’il doit constater que dans la majorité des cas, les incidents survenus et les dommages irréversibles qui en ont découlé auraient pu être prévenus et par conséquent évités.
Le docteur Chakib Khelil ne résistera pas à l’interprétation qui veut que ce type de comportement, selon lui, relève d’une attitude de laxisme et de passivité avérée. Une passivité dans laquelle, soutiendra-t-il, bon nombre d’exploitants et de managers se complaisent. Sinon, ajoutera le ministre, comment expliquer que des écoulements de produits inflammables provenant de fuites anciennes ne sont pas éliminés et que les lieux concernés n’ont pas été décontaminés à temps et avec la célérité exigée.
Sur ce point précis et pour abonder dans le sens des propos du ministre, rappelons que lors de l’accident survenu le 6 juin dernier sur la plate-forme de Skikda, le feu a pris au niveau d’une zone gorgée d’hydrocarbures, au moment où des travaux de soudure sur le tuyau, sujet à une fuite, étaient en cours. Les flammes se sont propagées sur toute la partie jouxtant le tuyau, imbibée de produits pétroliers.
La chance aura heureusement été du côté de la force d’intervention de réserve (FIR), de l’aveu d’un responsable de la ZIK, qui déclarait, une fois l’incendie circonscrit, que le sens du vent vers le sud a permis d’éviter le pire car, en direction du nord, soutenait-il, il y avait le complexe GNL et les tuyauteries de gaz.
A titre indicatif, le manque à gagner journalier, selon les déclarations du responsable de la raffinerie, interrogé au moment des faits, aura été de 20 millions de dollars.
C’est donc fort à propos que Chakib Khelil instruit les managers du secteur, chacun pour ce qui le concerne, de procéder à une opération de balayage systématique des espaces sous leur responsabilité, et d’en établir en outre un état des lieux et d’entamer immédiatement les actes de maintenance appropriés.
Les gestionnaires, souligne le ministre de l’Energie et des Mines, seront tenus les premiers pour responsables en cas d’événements découlant de la non-observation de cette instruction. Tout autre argument, avertira Chakib Khelil, tentant à dissimuler ou à justifier indûment la survenance d’un accident, de quelque nature qu’il soit, sera irrecevable.
Enfin, le premier responsable du secteur chargera l’inspecteur général, les directeurs généraux, le directeur du patrimoine énergétique et minier ainsi que les directeurs des mines et de l’industrie de veiller à la stricte application de cette circulaire
Par Mohamed Salah Boureni - Quotidien Oran
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