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Actualité

 

Mondial 2006: L'Italie dans la pure tradition

 

Mondial 2006 ItalieMarcello Lippi n’est pas un visionnaire, loin de là, mais les observateurs estiment que cet obscur défenseur de série B pendant sa carrière de joueur, est devenu un expert de la méthode.

On l’a vu à l’oeuvre à la Juventus avec laquelle il a tout gagné, championnat, coupe d’Italie, ligue des champions, supercoupe d’Europe et coupe intercontinentale. Au lendemain de l’Euro portugais, il est nommé à la tête de la Squadra Azzurra. Peu à peu, on voit arriver de nouvelles têtes en équipe nationale, et pour justifier ses choix, Lippi n’y va pas par quatre chemins: «Je ne fais pas ma sélection en lisant les journaux !».

Depuis deux années donc, s’appuyant sur un noyau d’anciens comme Carnavaro, Zombrotta, Totti, Del Piero, Buffon, Nesta et Pirlo, Lippi a imposé une rigueur qui ne laisse rien au hasard. Que ce soit à la Juve où en équipe d’Italie, on reconnaît vite sa «patte». Solidité derrière, mais la relance est rapide vers les stratèges du milieu Totti et Pirlo, bien épaulés par Gastuso, le parfait «porteur d’eau», alors que les attaquants tels Gilardino et Toni n’hésitent pas à s’engager dans la profondeur.

Enfin, Lippi a certainement mis fin aux querelles intestines entre les stars de la Juve, des deux Milan et de Rome. Cette fois, il a convaincu ses joueurs de son projet et la sélection est devenue un vrai groupe.

Un Tifosi a dit à propos de la sélection italienne: «la Squadra est comme la Tour de Pise, elle penche mais elle ne tombe pas». Sur ce que l’on a vu face à l’Allemagne, cette tour est même carrément à la verticale, solide dans tous ses compartiments.

C’est peut-être un hasard, mais avec la convocation des nouveaux, la Squadra a gagné en poids et en centimètres. Et lorsqu’on voit Carnavaro, avec ses modestes 176 centimètres, prendre toutes les balles aériennes, alors on est obligé de reconnaître que cette Italie, version Lippi, c’est vraiment du solide.

Et pourtant, on pensait que la Mannschaft euphorique à domicile était en mesure d’écarter les Italiens de sa route et d’attendre son adversaire en finale. C’était oublier, un peu vite, que cette formation allemande n’a affronté que des «seconds couteaux» et que face au seul adversaire d’envergure, c’est-à-dire l’Argentine, elle a montré ses limites dans les domaines technique et tactique.

Ensuite, les Argentins, en se repliant inconsidérément, ont carrément offert le billet de la qualification aux Allemands.

Mais Lippi n’est pas Pekerman. Il a d’abord beaucoup plus d’expérience que l’Argentin, ensuite il a étudié les forces et les faiblesses de la Mannschaft. Cette fois, Klose et Podolski ont eu affaire à des défenseurs de gros calibre, et n’ont pu battre Buffon qui n’a encaissé qu’un seul but marqué par son coéquipier Zaccardo !

Ce même Buffon, en raison de la supériorité italienne, a eu beaucoup moins de travail que le keeper allemand Lehman. Deux hommes ont rayonné au milieu. Il s’agit de Gatuso et Pirlo, deux styles différents mais très complémentaires, en club (au Milan AC) et en sélection.

Gatuso a ratissé un nombre incalculable de balles, venant même à la rescousse de ses coéquipiers de la défense, mais il a également soigné sa relance. Pirlo lui aussi a fait un match énorme, orientant habilement les offensives dans une zone où pourtant il avait affaire à forte partie.

Enfin, Lippi a effectué un meilleur coaching que Klinsmann. Tout en sachant qui sont les meilleurs tireurs en prévision des tirs au but, le coach de la Squadra a bien agi en lançant tour à tour Gilardino, Iaquinta et Del Piero, trois remplaçants de luxe qui ont pesé sur le match, alors que les Allemands, avec leur jeu en profondeur, perdaient de précieuses balles. Les deux buts portent la «griffe» typiquement italienne.

Contres rapidement menés dans le camp allemand, une inspiration, un tir et Lehman n’avait plus qu’à aller récupérer le ballon au fond de ses filets. Deux véritables coups de poignard dans le dos d’une défense certes athlétique, mais lente à se retourner et vulnérable ballon au sol.

C’est là qu’on retrouve la méthode Lippi, pour le plus grand bonheur des Italiens qui vont oublier, pour quelques jours, la honte qui s’est abattue sur leur championnat. En attendant, la Squadra Azzurra a bien mérité d’aller en finale où tout demeure possible, et ce, quel que soit l’adversaire. Lippi avec sa méthode y veille...

Par Adjal Lahouari - Quotidien Oran

   
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