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La France va gagner, l’Italie ne va pas perdre

 

Match France Italie mondial 2006C’est le jour de gloire. Celui des plus grands périls aussi. Le monde du football doit se choisir une nation pour son trône abandonné des Brésiliens. Les Algériens sont partagés. Ils rêvent d’un destin messianique pour Zinédine Zidane. D’autant qu’il s’est rapproché un peu d’eux depuis qu’il a annoncé sa retraite. Il rêve de venir avec son père en visite en Kabylie. Il se dit enfin musulman.

Le regard des Algériens sur la France a évolué depuis 1998 où ils étaient plus malheureux de la défaite des dieux brésiliens. La sélection française multicolore ressemble tellement aux banlieues. On peut la supporter en oubliant un peu la complexité de la relation Algérie-France.

Pour autant il n’y aura pas de fête dans les rues d’Algérie cette nuit. Les Algériens sont un peu défraîchis d’avoir suivi cette Coupe du monde par procuration. Pas d’équipe à eux, pas de direct télévision à eux.

Ils auront dû subir le calme soporifique de la «voix off» des Suisses de TSR, ou le bruit des commentateurs «berrahines» de ART à l’incompétence footballistique aussi lourde que les fiches techniques qu’ils continuent de lire en plein milieu d’actions chaudes. Défraîchis mais concernés. Alors que faut-il leur pronostiquer pour les aider à «miser gros» ? Que la France va redevenir championne du monde

ce soir ? Pourquoi pas ? Les atouts pour cela sont nombreux. D’abord l’équipe. Elle forme le bloc sans doute le plus solide de la compétition. Le plus difficile à bouger. Les Brésiliens menés au score pendant une mi-temps n’ont eu qu’une demi-occasion de but pour égaliser, aucune à zéro partout. Le Portugal n’a pas fait mieux en plus de temps. Ce n’est pas rien. Ensuite les individualités. Elles sont nombreuses à pouvoir forcer le sort d’un match. Zidane bien sûr, mais aussi Thierry Henry capable, comme avec Arsenal à Bernabeu en Champion’s League, d’écrire, pour la scène et en temps réel, un one man show qui met tout le monde d’accord. Franck Ribéry aussi.

Une trajectoire de conte de fées qui ne demande qu’un épilogue en vie de château. Enfin l’historique. Les Français ont un incontestable ascendant psychologique sur les italiens. Ils les ont battus aux trois dernières confrontations officielles depuis 1986. Cruellement en finale de l’Euro en 2000.

On a bien vu lors de Allemagne-Italie et pendant France-Brésil, que le passé récent entre deux nations pèse de sa «connectique» dans la balance d’un match. Qu’est-ce qui joue contre la France pour un second sacre mondial ? L’Italie. Oui les italiens aussi ont de nombreux atouts.

Ils ont une équipe en très grande confiance après la victoire sur le pays organisateur, l’Allemagne. Ils apparaissent être les mieux synchronisés avec les exigences de la compétition en engageant leur courbe ascendante à partir des quarts de finale et en faisant leur meilleur match de Coupe du monde en demi-finale. Ils détiennent avec Marcello Lippi un serveur numérique de haute compétition.

Une centrale à réponse instantanée à chaque situation de jeu. Enfin les Italiens ont quelque chose de considérablement plus fort que les Français: ils désirent la Coupe du monde plus qu’eux. Ils ne s’agit plus ici des joueurs des deux équipes qui sont forcément motivés de la même manière par la perspective d’être champions du monde. Non il s’agit des pays qui se tiennent derrière chacune des équipes. C’est culturel: l’Italie est infiniment plus un pays de football que la France.

Il brûle de tout son corps de la fièvre de la finale. Son délire fou va résonner dans la tête de la Squadra Azzura, aux moments clés du match. Surtout s’il y a prolongations. Voilà pourquoi la France a les atouts pour gagner et l’Italie ne va jamais perdre. C’est la grande nuit du doute.

Par El Kadi Ihsane - Quotidien Oran

   
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