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Actualité

 

France 1 - Italie 1 : L’Italie piège la France

 

Mondial 2006Le rideau est tombé hier sur la dix-huitième édition de la Coupe du monde qui a consacré l’Italie pour la quatrième fois de son histoire, vingt-quatre ans après son troisième sacre en Espagne face à la RFA.

Les stars, le passé, l’enjeu, les éléments du scénario d’une finale parfaite étaient là pour ces retrouvailles entre deux géants du football européen pour ne pas dire mondial. Entre deux formations qui se connaissent parfaitement pour s’être rencontrées à maintes reprises, trente-deux fois toutes compétitions confondues avant cette finale, bien malin qui pouvait avancer un quelconque pronostic, même si les Bleus sur le plan des statistiques étaient largement devant. Aussi, les sélectionneurs Domenech et Lippi ont eu tout loisir pour échafauder une tactique qui aurait le pouvoir de déjouer celle de l’adversaire.

Les deux équipes ayant à peu de choses près la même base, à savoir une solidité défensive à toute épreuve, tous les observateurs ont prédit une finale serrée avec peu de buts où la décision se ferait sur un détail, un exploit ou une erreur, c’est selon le camp où l’on se place.

Objectivement, au jeu du pronostic la balance penchait légèrement du côté italien, sans doute plus jeunes et mieux reposés pour avoir disputé la demi-finale un jour avant, mais justement, c’était le même cas de figure pour les Français face aux Espagnols, aux Brésiliens et aux Portugais. Et justement, touchés dans leur amour-propre, ils ont fait bloc et se sont repliés. La France a frémi lorsque Henry fut sonné par Canavaro, imité par Zambretta sur Viera. Dans la foulée, Materazzi provoque l’irréparable sur Malouda. C’est alors ce face-à-face entre deux monstres, Buffon et Zidane.

Le gardien s’attend au tir puissant en coin, mais c’est le but, grâce à une panenka géniale, au ras de la transversale (7e min.). Sur le vu de ce début de match, le ton était donné et le choix des armes déterminant.

Aux tentatives d’intimidations et de force des Italiens, Zidane, l’enchanteur, a répondu par une géniale inspiration dont il a le secret.

Vingtième minute de jeu, Materazzi sur corner remet les pendules à l’heure. Deux buts sur coup de pied arrêtés, s’acheminait-on vers le scénario classique des grands chocs ? Les manoeuvres d’approche, en tout cas, étaient placées sous le sceau de la prudence, le souci majeur des acteurs étant le contrôle du ballon.

Jusqu’à la mi-temps, les Italiens se sont assuré une certaine emprise sur le match et ont même failli inscrire deux buts sur corner, grâce aux grands gabarits tels Materazzi et Toni en sautant plus haut que Viera et Thuram, leurs gardes du corps.

Cependant, les tricolores ont répliqué à plusieurs reprises sous la conduite de leur stratège Zidane, dont deux ou trois ballons auraient dû être mieux exploités par Henry et Malouda, si ces derniers avaient fait un meilleur choix. C’est facile d’imaginer le discours des entraîneurs dans les vestiaires.

Lippi ne tenait pas à déroger à sa sacro-sainte règle: bien défendre, faire preuve de patience et exploiter la moindre faille dans le système français, alors que Domenech, le sanguin, a déclaré à ses joueurs «que lorsqu’on joue une finale c’est pour la gagner». Ce qui est certain c’est que la sélection italienne a frôlé la correctionnelle au cours du premier quart d’heure de la reprise, Henry, Malouda et Ribery gâchent de fort belles occasions.

Mondial 2006On peut dire que les Français ont mené les débats dans le dernier quart et durant la première prolongation, remettant cent fois le métier sur l’ouvrage face à des adversaires fidèles à leur sacro-sainte conception: accepter la domination et placer des contres en profondeur avec fatalement des déchets. Zidane donne le frisson aux Italiens sur un coup de tête à la 103e minute.

A la 110e minute, l’histoire s’accélère avec cet incident entre Materazzi et Zidane. Celui-ci certainement provoqué vulgairement par le rugueux défenseur italien écope d’un carton rouge pour un geste plus spectaculaire que dangereux.

Sans leur guide, les Français, même en infériorité numérique, bousculent les Italiens qui misèrent sur leur gardien Buffon. Dans la série des tirs au but, c’est l’Italie qui se montra plus adroite, non pas grâce à la vista de leur gardien mais à cause de la malchance de Trézéguet.

Par Adjal Lahouari - Quotidien Oran

   
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