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Actualité

 

Triomphe pour l’Italie, drame pour la France

 

Mondial 2006Si les buts ne sont pas tombés aussi souvent que les puristes l’auraient souhaité, il n’en demeure pas moins que cette coupe du monde restera gravée dans l’histoire par l’engouement populaire qu’elle a suscité et pour d’autres raisons encore. Plus d’un milliard de personnes ont assisté à la finale 2006.

C’est à croire que la charge émotionnelle du débat devant désigner celui qui se parera du titre suprême, l’a emporté sur d’autres considérations. Il y en a au moins une de très compréhensible, avec le dernier numéro de Zidane, l’enchanteur universel, qui a mis tout le monde d’accord.

Il était difficile de rester insensible à un affrontement quasi épique entre celui qui a élevé l’élégance des gestes au niveau de l’art, et ceux qui personnifient la rigueur la plus extrême, les Italiens, encouragés, il est vrai, par les résultats obtenus, sans qu’ils aient donné le change en matière de niveau de jeu et de spectacle.

Les télévisions nous ont montré des candidats spectateurs prêts à débourser mille euros pour avoir un billet donnant accès au stade de Berlin pour se rendre compte, de visu, que leurs icônes étaient bien là, prêtes à engager le combat et à les satisfaire.

Des sociologues ont expliqué pourquoi les Français et les Italiens devaient gagner. Les descendants des Gaulois, ont-ils avancé, entendent échapper à la morosité et aux incertitudes nées d’un système politique particulier et des batailles entre des partis aux slogans accrocheurs, alors que les Italiens souhaitaient l’absolution après le scandale des matches truqués. Pour de nombreux joueurs des deux camps, c’était la dernière représentation en coupe du monde. Il y avait, bien sûr, Zidane, mais également Thuram, Makélélé, Barthez, Viera et Wiltord, alors qu’on ne reverra plus sans doute Canavaro, Nesta, Zambrotta, Del Piero et Totti.

Assister à leur sortie n’avait pas de prix pour ces fans jusqu’au bout des ongles. Il était difficile de rester insensible à l’enjeu d’un tel match, synonyme de triomphe pour les uns et de tragédie pour les autres. Rares sont les coeurs qui n’ont pas battu la chamade puisque, fatalement, l’on a pris fait et cause pour les Italiens ou pour les Français, explications et arguments à la clé.

La clé, voilà le mot choisi par les techniciens pour tenter d’élucider la glorieuse incertitude de ce football qui galvanise les acteurs et subjugue les foules. A l’aide de clichés, ils ont tout fait pour percer les mystères de ce sport merveilleux, en mettant sur la balance les forces et les faiblesses de chaque équipe, sans oublier, bien évidemment, de passer carrément au scanner les duels entre les protagonistes qu’eux-mêmes ont choisis. Surprise, Gatuso a affirmé que personne ne pouvait arrêter Zidane.

Et l’on est convaincu que cette confidence livrée spontanément, à l’image du caractère entier du Calabrais, porteur d’eau attiré de la Squadra Azzura, était une sincère reconnaissance du talent de Zidane et, par voie de conséquence, une «excuse» en cas d’échec face au stratège tricolore. Or, Gatuso n’a pas eu le même rendement qu’auparavant, le coach Lippi ayant opté pour le marquage de zone, son récupérateur risquant de prendre des cartons s’il l’avait chargé d’une mission individuelle.

En tous cas, d’une manière globale, les Italiens n’ont pas réédité leur prestation face aux Allemands. Fidèles à leurs habitudes, ils ont accepté la domination française, leur principale priorité étant de protéger leurs bois.

Ils ont certes frôlé la correctionnelle à plusieurs reprises face aux tentatives de Zidane, Henry, Malouda et Ribéry, mais ils sont parvenus à mettre à exécution leur stratégie finale, à savoir s’en remettre à la série des tirs au but. Plus maîtres de leurs nerfs, ils ont enlevé la timbale, mais ces «champions du monde» n’ont séduit que leurs supporters. Ainsi va le football de notre temps.

Par Adjal Lahouari - Quotidien Oran

   
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