Commission de validation des diplômes étrangers en Algérie
La période des congés annuels est sans doute synonyme de ressourcement, de reprise de vie avec les valeurs de l’appartenance identitaire, les proches, le bâti, l’atmosphère conviviale, qui sont autant de facteurs plaidant en faveur du retour massif au pays des ressortissants algériens établis à l’étranger. Des rushs, témoins d’une attache légitime à la patrie, malgré la diversité des raisons de l’exil. Celles-ci pourraient s’expliquer par des facteurs contraignants, d’ordre socio-économique notamment.
Outre la masse de travailleurs, celle des intellectuels prône plutôt l’esprit de la réflexion rationnelle propre à l’analyse concrète des démarches politiques, économiques, commerciales et sociales entamées dans un souci d’aboutir à l’équilibre de leur statut, à savoir le retour au pays et la participation à son développement grâce à leur bagage scientifique et technologique acquis au terme des rudes épreuves connues de la clandestinité et du travail au noir.
Parmi les rares cas, certains choisissent le retour au bercail. Pour le docteur en linguistique que nous avons rencontré à Sétif, auteur de plusieurs publications et directeur de collection aux éditions l’Harmattan à Paris, ce sont les aberrations de la commission nationale de validation des diplômes étrangers relevant du ministère de l’Enseignement supérieur qu’il dénonce.
Au bout de quarante jours d’attente, aucune réponse n’est venue conforter son vœu de retour parmi les siens malgré les quelques promesses maintenant dissipées. Car, en fait, selon ses propos, les responsables de l’université de Béjaïa n’ont de cesse d’activer le recrutement du profil du spécialiste des domaines de la linguistique, de la méthodologie des langues ainsi que de la discipline dictionnairique.
C’est la notion de déférence qui est désormais regrettée à juste titre pour une population universitaire établie à l’étranger, appelée pourtant à combler le manque flagrant de compétence qualifiée souvent soulevé par les responsables des établissements du savoir en Algérie à la veille de chaque rentrée universitaire. A ce sujet, nous témoigne-t-on, ce sont les agissements répressifs et dissuasifs appliqués par l’administration centrale qui entravent l’option de retour au pays de la classe intellectuelle.
Pour une large majorité d’entre eux, avons-nous enregistré, c’est la tendance à l'adoption de la nationalité étrangère qui est la plus répandue au vu des commodités de prise en charge et de considération de la valeur de la classe intellectuelle en vue de l’accomplissement des programmes scientifiques et universitaires vitaux engagés par les pays d’accueil.
Notre interlocuteur, à présent au fait du cachet répulsif imprégné par la commission ministérielle pour le traitement de son dossier et sa validation, est actuellement sur un projet de recherche totalement financé par le gouvernement français qui pourrait constituer, à l’instar de ses concitoyens de la Sorbonne à Paris, un facteur dissuasif pour un éventuel retour au pays.
Par Abdelhalim Benyelles - La Tribune
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