Le feuilleton Zidane-Materazzi se poursuivra devant la FIFA
Zidane, parti à la retraite à l’issue de la finale, pourrait être condamné à deux matches de suspension et à une amende minimale de 5 000 FS (3 300 euros) pour «voies de fait».
Le vice-champion du monde pourrait également se voir retirer son titre de meilleur joueur de la Coupe du monde, comme l’a laissé entendre mercredi le président de la FIFA, Joseph Blatter.
La Fédération internationale de football (FIFA) a décidé, jeudi, de prendre les choses en main pour éclaircir les circonstances de l’incident entre Zinédine Zidane et Marco Materazzi lors de la finale du Mondial 2006 entre la France et l’Italie.
Après avoir ouvert une enquête à l’encontre du Français, la FIFA a fait de même avec le défenseur italien, pourtant la victime du coup de tête asséné par le meneur de jeu des Bleus à la 110e minute du match remporté, dimanche, par la Squadra Azzurra (1-1, 5-3 t.a.b.).
La FIFA va «analyser en profondeur les circonstances de l’incident», a-t-elle indiqué dans un communiqué. Materazzi avait prévu de se rendre dès hier à Zurich au siège de la FIFA pour y être entendu, selon la Fédération italienne de football, soit plusieurs jours avant Zidane qui doit déposer entre le 18 et le 20 juillet (il s’y est rendu effectivement) a-t-on constaté sur place.
Materazzi, arrivé, dans une voiture aux vitres teintées, était accompagné de son avocat et d’un responsable des relations internationales de la Fédération italienne de football, Sergio Di Cesare. Il a quitté le bâtiment, le visage fermé, et n’a fait aucune déclaration. La FIFA a fait savoir qu’elle ne communiquera pas sur la réunion et qu’elle laisse ce soin à la Fédération italienne de football.
Selon un porte-parole de la FIFA, joint par l’AFP dans la matinée, «la confrontation prévue à Zurich le 20 juillet entre Zidane et Materazzi est toujours d’actualité». L’instance suprême du ballon rond a expliqué avoir pris cette décision après les explications de Zidane dans deux entretiens accordés aux chaînes de télévision privées Canal+ et TF1. L’ancien N.10 avait déclaré avoir réagi à «des mots très durs» de Materazzi visant «sa mère et sa sœur» et avait réclamé des sanctions contre lui.
«Il faut sanctionner le vrai coupable, et le coupable, c’est celui qui provoque», avait-il affirmé en présentant ses excuses «aux enfants», tout en refusant d’exprimer des regrets pour son «coup de sang». Materazzi a, lui, reconnu avoir «insulté» le Français mais a toujours nié avoir proféré des propos racistes. Une version confirmée par les frères de Zidane, cités par le quotidien le Parisien et présents avec lui, mercredi soir au siège de Canal+, qui ont assuré qu’ «il n’y a pas eu de mots racistes».
Certains journaux anglais (The Times, The Sun et The Daily Mail), sur la base d’analyses d’experts en lecture labiale, avaient pourtant accusé l’Italien d’avoir traité Zidane de «fils d’une pute terroriste». Zidane est, lui, resté jusqu’ici muet sur la question. Une zone d’ombre que la confrontation prévue entre les deux hommes, le 20 juillet à Zurich, permettra d’éclaircir et qui constituera l’un des principaux intérêts de la réunion.
Mais les deux hommes ne risquent que des sanctions symboliques, selon le code disciplinaire de la Fédération internationale. Zidane, parti à la retraite à l’issue de la finale, pourrait être condamné à deux matches de suspension et à une amende minimale de 5000 FS [3300 euros} pour «voies de fait» Le vice-champion du monde pourrait également se voir retirer son titre de meilleur joueur de la Coupe du monde, comme l’a laissé entendre mercredi le président de la FIFA Joseph Blatter.
Quant à Materazzi, il risque au moins deux rencontres de suspension pour «atteinte à l’honneur», ou au moins cinq matches, une interdiction de stade et une amende d’au moins 10 000 FS (6 600 euros) pour une infraction liée au racisme.
Par La Tribune
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