L’Algérie solde ses comptes
L’Algérie a signé, avant-hier, avec la Suisse un accord de remboursement par anticipation de la dette contractée par notre pays auprès du gouvernement helvétique, d’un montant de 66 millions de dollars.
Cette accord, conclu à Alger, porte à 14 le nombre des accords conclus jusque-là par l’Algérie depuis la signature de l’accord multilatéral avec le Club de Paris le 11 mai dernier. La dette due par l’Algérie aux créanciers du Club de Paris et éligible au remboursement anticipé s’élève à 7,9 milliards de dollars.
Par cet accord, l’Algérie aura remboursé, jusqu’à aujourd’hui, environ 6 milliards de dollars, en attendant de signer les derniers accords avec le reste des créanciers affiliés au Club de Paris, c’est-à-dire l’Italie, l’Allemagne et le Japon.
Ces accords tous azimuts avec les créanciers du Club de Paris et ceux qui interviendront avec les débiteurs du Club de Londres (800 millions de dollars), en septembre prochain, porteront la dette globale extérieure algérienne à 5 milliards de dollars à la fin de l’année en cours.
Obéré par la dette extérieure depuis de longues années, notre pays qui, à un moment donné, était au bord de la récession, recouvre peu à peu sa solvabilité auprès de ses partenaires économiques, trop hésitants à venir investir en Algérie, frappée de plein fouet par le terrorisme.
Elu en 1999, Bouteflika s’est attelé sans relâche à redonner au pays une image de stabilité, conforté en cela par la proclamation de la concorde civile qui a largement contribué, en un premier lieu, à ramener un tant soit peu la paix. Malgré cet état de fait, les investisseurs étrangers n’affluaient pas car le risque Algérie persistait.
Le MEDEF, organisme qui regroupe les opérateurs économiques français, en est l’exemple frappant des hésitations des investisseurs étrangers à venir injecter de l’argent dans des projets en Algérie malgré les assurances des autorités du pays.
Il faut dire que la décennie noire a largement contribué à ternir l’image du pays, en plus des tracasseries administratives décriées en ce temps par ces mêmes investisseurs.
Ces tergiversations du MEDEF sont d’ailleurs l’une des causes principales qui a poussé le premier responsable du pays à se tourner vers d’autres pays intéressés par le marché algérien. Les USA, la Chine et bientôt le Royaume-Uni ont tout mis en oeuvre pour surclasser nos traditionnels partenaires économiques, notamment la France, qui paie les frais de sa politique vis-à-vis de notre pays.
Le soutien inconditionnel porté par ce pays au Maroc sur la question du Sahara Occidental, en plus du problème du traité d’amitié qui vient d’être enterré définitivement, ont poussé notre pays à revoir sa copie, malgré la dernière visite du secrétaire général du Parti socialiste français, François Hollande, venu courtiser nos dirigeants au cas où son parti remporterait les élections dans l’Hexagone.
Cela étant, la réélection de Bouteflika, ponctuée par la Charte pour la paix et la réconciliation qui a été adoptée par l’écrasante majorité des Algériens en 2005, ainsi que la flambée des prix du pétrole ont redonné une nouvelle santé pour le pays.
Les caisses du Trésor public renflouées et la stabilité retrouvée sont les deux facteurs qui attisent les convoitises des investisseurs qui, contrairement aux années 90, ne se montrent plus réticents. La politique de désendettement enclenchée depuis quelque temps par le gouvernement algérien ne sera que salvatrice pour le pays et apportera certainement ses fruits dans un proche avenir.
Par Zoubir Khelaïfia - Quotidien Oran
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