45 morts hier au Liban : le génocide continue
Au moment où l’agression israélienne con-tre les peuples libanais et palestinien fait craindre un embrasement régional, le chef de la diplomatie de l’Union européenne Javier Solana est arrivé hier à Beyrouth pour témoigner «son soutien et sa solidarité» au Liban.
M. Solana devait rencontrer le Premier ministre Fouad Siniora et le chef du Parlement Nabih Berri. Une délégation de l’ONU, dépêchée par son secrétaire général Kofi Annan, est également arrivée à Beyrouth pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu.
Au moins 45 civils ont été tués hier et 111 autres blessés, presque tous sous les décombres de leurs maisons détruites par l’aviation israélienne dans le sud du Liban.
Des dizaines d’immeubles et plusieurs ponts ont été détruits dans les raids israéliens ont constaté des journalistes de l’AFP. Au moins 148 civils ont été tués et plus de 355 blessés, depuis le lancement de l’offensive israélienne, selon un bilan de l’AFP. Des milliers de civils, portant uniquement leurs enfants, affluaient à pied vers la ville de Tyr, au Liban sud, fuyant les bombardements, après qu’Israël eut sommé les habitants des villages frontaliers de partir.
«Depuis samedi soir, 15.000 réfugiés sont arrivés à Tyr», a déclaré un responsable du conseil municipal de la ville côtière, Ahmad Zaraqet, cité par l’AFP. Le Hezbollah a pour sa part tiré des dizaines de roquettes sur des localités du nord d’Israël notamment sur Haïfa, la troisième ville israélienne, où huit Israéliens ont été tués et des dizaines d’autres blessés. Elles ont causé d’importants dégâts matériels. Douze Israéliens au total ont été tués par les tirs de roquettes depuis le Liban sud.
Par ailleurs, l’Iran a déclaré se tenir «aux côtés du peuple libanais», avertissant qu’Israël aurait des «pertes inimaginables» s’il attaquait la Syrie. La Syrie, quant à elle, ripostera «directement» et «par tous les moyens» à toute attaque israélienne, a déclaré le ministre syrien de l’Information, Mohsen Bilal.
Le ministre libanais des Finances, Jihad Azour, a estimé à plus d’un demi-milliard de dollars les pertes infligées à l’infrastructure depuis le début de l’offensive israélienne, alors qu’un économiste a évalué aux alentours de 2,4 mds de dollars les pertes totales.
«Les dégâts occasionnés seulement aux infrastructure dépassent les 500 millions de dollars», a déclaré à l’AFP le ministre Jihad Azour. A cela s’ajoute un important manque à gagner. Les attaques israéliennes ont en effet interrompu la saison touristique, dont le Liban attendait d’importantes rentrées de devises.
De son côté, le Hezbollah a menacé hier d’utiliser «tous les moyens» contre Israël qui a poursuivi sans relâche ses raids au Liban. «Nous allons utiliser tous les moyens» dans la confrontation avec Israël, a déclaré le chef du Hezbollah, cheikh Hassan Nasrallah. «Puisque l’ennemi n’a plus de ligne rouge, nous n’avons plus de ligne rouge non plus», a-t-il dit dans une allocution télévisée. Le chef du Hezbollah a prédit «la défaite» d’Israël.
De l’autre côté de la frontière, six Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne qui a occupé un secteur frontalier du nord de la bande de Gaza.
Deux activistes des Comités de résistance populaire ont été, par ailleurs, tués et six autres blessés dans l’après-midi à Beit Hanoun, localité à la frontière avec Israël, dans le nord de la bande de Gaza, où l’armée israélienne a lancé une incursion. Dans la matinée, trois membres de la branche armée du mouvement islamiste Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, ont été tués et huit Palestiniens blessés dans un raid aérien visant l’un des groupes d’activistes qui tentaient de s’opposer à l’incursion.
Au moins 84 Palestiniens et un Israélien ont été tués depuis le 5 juillet à la suite de l’intensification des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza. Ces décès portent à 5.220 le nombre de tués depuis le début de l’Intifada en septembre 2000, en grande majorité des Palestiniens, selon un bilan établi par l’AFP.
Par H. B. Et Agences - Quotidien Oran
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