Israël poursuit sa boucherie au Liban
«Nos opérations ne sont pas limitées dans le temps. Nous ne nous arrêterons pas et personne ne peut nous arrêter jusqu’à ce que nos objectifs soit atteints.» C’est la décision prise hier par le cabinet de sécurité sioniste et lancée à la face du monde par son chef de guerre Ehud Olmert. Aucun répit, aucune place à la moindre pitié pour les centaines de civils qu’ils assassinent depuis le début de leurs opérations militaires contre le Liban.
De Ben Gourion à Olmert en passant par Golda Meir, Moshe Dayan, Menhaem Begin et le boucher de Sabra et Chatila, Ariel Sharon, les boucheries se suivent et redoublent de férocité devant une communauté internationale consentante, un soutien américain inconditionnel et un «aplaventrisme» sans précédent du Monde arabe.
Le Liban fait face, donc, seul aux bouchers de l’Etat sioniste. Au neuvième jour des opérations militaires israéliennes au Liban, les morts se comptent désormais par centaines. La vague de raids menés hier par l’aviation sioniste a été la plus meurtrière depuis le début de la boucherie. Pas moins de 60 civils ont péri sous le déluge de feu sioniste portant ainsi le bilan à 310. Rien n’échappe désormais à la boucherie programmée des soldats de Tsahal.
Ni les églises, ni les hôpitaux, ni les casernes de l’armée libanaise restée neutres jusqu’à ce jour, et encore moins les infrastructures de bases, les habitations ou les convois humanitaires. Même le quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) à Naqoura, à la frontière avec Israël, a été ciblé par l’aviation militaire israélienne.
Les sionistes ont intensifié leurs bombardements aériens et navals contre plusieurs objectifs dans l’est, le sud et le nord du Liban, notamment des civils. Dans le village de Srifa, à une trentaine de km au nord-est de Tyr dans le sud du Liban, 21 civils ont été tués et 30 autres blessés dans le pilonnage aérien et naval israélien qui y a détruit avant l’aue des maisons, a indiqué la police libanaise.
Toujours au Liban-Sud, dans le centre-ville de Nabatiyé, 10 civils, dont une Sri-Lankaise et un Soudanais ont été tués dans un bombardement aérien, selon les correspondants de la télévision Al Arabiya, qui ont fait état de «dégâts considérables».Dans l’est du pays, cinq civils ont été tués dans un raid israélien qui a visé des camionnettes garées dans la localité de Maaraboun, près de Baalbeck, selon la police libanaise.
Six civils ont été tués dans un raid aérien israélien qui a visé un immeuble de quatre étages dans une autre localité proche de Al Nabi Chit, près de Baalbeck, toujours selon la police. Le raid aérien a aussi visé un centre commercial de quatre étages à Ghaziyé, une bourgade du littoral au sud de Tyr, selon la même source. Six civils, dont trois ouvriers égyptiens, ont été dégagés de l’immeuble partiellement détruit.
Toujours selon la police, cinq personnes, un couple, ses deux enfants et une parente, ont été tués dans la destruction de leur maison dans le village de Salaa, près de Tyr. Aux premières heures de la journée, l’aviation israélienne a bombardé la banlieue chiite de Beyrouth, bastion du Hezbollah, visant le «périmètre de sécurité» du parti désormais réduit en ruines.
La plupart des victimes ont été tuées sous les décombres de leurs habitations détruites par les bombes, rapportent, de leurs côté les reporters d’Al Jazira. Au même moment, les Israéliens font état de 25 morts dans leurs rangs lors des tirs d’obus des résistants libanais contre les villes du nord de l’Etat hébreu.
310 personnes, dont 280 civils et 23 soldats libanais, ont péri depuis le début de l’offensive sioniste. En bombardant les aéroports, les ports et routes principales, les Israéliens veulent bien plus que «le désarmement» du Hezbollah. Bien plus que de l’autodéfense, mais l’anéantissement totale du petit voisin qui a «osé» réclamer la libération de ses 2 000 prisonniers dans les geôles sionistes.
Cependant, la résistance libanaise, spécialement le Hezbollah, continue à tenir tête à l’armada sioniste. Via leurs moyens dérisoires, les résistants continuent à défier l’armée israélienne avec tout son arsenal de guerre ultramoderne. Pour la première fois depuis le début du conflit arabo-israélien, l’Etat sioniste n’arrive pas à trouver la parade au tirs des missiles de la résistance libanaise, obligeant ainsi les habitants du Nord à vivre dans les abris. Le Hrezbollah a également touché pour la première fois une base de l’aviation militaire israélienne située à 50 km de la frontière du Liban.
Hier, pour la première fois depuis le début des attaques sanglantes, l’armée israélienne a tenté trois incursions terrestres. Toutes repoussées par les combattants du Hezbollah qui continuent à assurer la protection de leurs frontières sud contre l’ennemi sioniste aux appétits grandissants.
Et pour cause ! Les grandes puissances continuent à cautionner l’action israélienne en revendiquant la libération des deux soldats israéliens avant tout cessez-le-feu comme l’a réitéré une fois de plus hier le Premier Ministre britannique Tony Blair. George W. Bush menace la Syrie d’«expéditions punitives» si jamais l’envie la prenait de soutenir le Hezbollah. La France, quant à elle, propose «des corridors humanitaires» au Liban.
Mieux, les Etats-Unis ne se contentant pas de leur occupation de l’Irak, comptent envoyer des soldats au Liban pour protéger les citoyens et les intérêts américains. La question est contre qui veut-on les protéger puisque l’agresseur n’est autre que leur allié israélien ?
Pendant ce temps, 500 000 personnes ont été déjà déplacées alors que les Occidentaux évacuent leurs ressortissants par milliers. Une fois ceux-là évacués, le massacre pourra alors se poursuivre sans plus déranger personne.
Par Ghada Hamrouche - La Tribune
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