Algérie : 200.000 policiers et 100.000 gendarmes dans trois ans
Les effectifs du corps de sécurité devront atteindre d’ici à trois ans 200.000 policiers et 100.000 gendarmes, a annoncé hier le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M. Nouredine Yazid Zerhouni.
« Notre objectif est d’atteindre 200.000 policiers et 100.000 gendarmes d’ici à trois ans», a déclaré M. Zerhouni en marge de la cérémonie du dépôt de gerbe de fleurs, à l’occasion de la fête de la police, au siège de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN).
Le ministre a indiqué, dans ce contexte, que la lutte contre le banditisme «ne peut s’effectuer sans la densification du nombre des policiers et des gendarmes à travers le territoire national». «Ce projet est très important et demande un budget financier consistant que nous allons lui attribuer», a-t-il encore ajouté.
M. Zerhouni a souligné, en outre, l’importance et la nécessité de combler le «vide» existant en matière de sécurité dans les daïras, précisant que sur 550 d’entre elles, 250 uniquement sont munies de brigades de services de sécurité.
Au sujet du statut particulier de la police, le ministre a indiqué que celui-ci devra être examiné par le gouvernement l’année prochaine. «J’espère que le statut particulier de la police sera examiné au niveau du Conseil du gouvernement l’année prochaine», a déclaré le ministre. Et de souligner qu’»il faut d’abord adopter le statut de la fonction publique avant celui de la police qui n’est pas encore finalisé», a ajouté le ministre, précisant, par ailleurs, que le salaire des policiers sera «consistant».
Le directeur général de la Sûreté nationale, M. Ali Tounsi, avait déclaré récemment à l’APS que le statut particulier de la police sera «plus exigeant» envers le policier dans le domaine de la formation et dans l’accomplissement de ses missions.
M. Tounsi avait précisé que le nouveau statut consolidera l’engagement du policier à «servir» les citoyens et le pays «H24» au risque de sa vie, ajoutant que le policier doit s’engager, dans le cadre de sa mission, à «suivre toutes les formations que le commandement choisira» et être apte «à travailler dans toutes les parties du territoire national».
Abordant le volet de la lutte contre le terrorisme, M. Zerhouni a déclaré qu’elle se poursuivra même après l’extinction de l’action publique dans le cadre de la mise en oeuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, prévue fin août. «La politique de la lutte contre le terrorisme se poursuivra même après la fin de l’échéance de la mise en oeuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale», a indiqué le ministre de l’Intérieur. M. Zerhouni a saisi cette occasion pour lancer un appel «à ceux qui ne se sont pas encore rendus» afin de saisir l’opportunité qui leur est offerte par les dispositions de la charte.
«Les personnes (terroristes, NDLR) qui ont compris le sens de la politique de la réconciliation et de ses textes doivent en profiter et ils sont les bienvenus», a-t-il dit, sinon «nous les combattrons par tous les moyens», a encore souligné M. Zerhouni. Evoquant les derniers attentats terroristes perpétrés au centre du pays, le ministre a estimé qu’il s’agit de «tentatives dont l’objectif est d’attirer l’attention».
Il a d’ailleurs fait savoir que le nombre d’actes terroristes a nettement baissé par rapport aux années précédentes. «Nous enregistrons actuellement un acte terroriste tous les quinze jours, après avoir enregistré, par le passé, un acte par semaine», a-t-il souligné.
Dans le même contexte, le directeur général de la Sûreté nationale, M. Ali Tounsi, a déclaré que les terroristes qui se sont rendus sont sous surveillance 24/24.
«Nous savons exactement ce qu’ils font [terroristes] du matin au soir», a précisé M. Tounsi. Abordant le problème du banditisme, le ministre a expliqué que ce phénomène a émergé après que «les bandits eurent découvert la puissance de l’arme et de son utilisation», rappelant que l’Algérie n’avait pas connu de crime organisé auparavant. «Il est actuellement de notre devoir de prouver à ces bandits qu’ils ne peuvent pas aller loin», a-t-il souligné.
A cet effet, le ministre a insisté sur l’importance de la consolidation de la stratégie sécuritaire plaidant, dans ce contexte, pour le renforcement de l’implantation des services de sécurité à travers le territoire national, des effectifs et l’augmentation de la formation professionnelle du personnel. «Je pense que nos policiers et nos gendarmes sont combatifs et ils améliorent chaque jour leur capacité professionnelle, y compris ceux de la police scientifique», a souligné M. Zerhouni.
Le ministre a saisi cette occasion pour exhorter les citoyens à contribuer dans la lutte contre le banditisme. «Il est important que le citoyen participe dans le combat de ces crimes en s’impliquant davantage», a-t-il ajouté. Par ailleurs, M. Zerhouni a rappelé que plus de 200 terroristes se sont rendus récemment dans le cadre de la réconciliation nationale. «Plus de 200 terroristes se sont rendus dans le cadre de la réconciliation nationale et tout se déroule dans de parfaites conditions», a-t-il encore tenu à préciser.
Par R. N. - Quotidien Oran
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