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Actualité

 

L'argent des émirs et des autres en Algérie

 

Investissement en AlgérieAprès avoir dépassé les six milliards de dollars en 2004, les investissements directs étrangers (IDE) en Algérie ont baissé presque de moitié en 2005.

Mais en nombre de projets d’IDE, le chiffre a pratiquement doublé par rapport à 2004, passant de 56 à 93 projets, selon les statistiques du réseau Anima (Agence euro-méditerranéenne de promotion des investissements). En nombre de projets, la France arrive en tête avec 28 projets, loin devant les Etats-Unis avec 9 projets, en majorité dans les hydrocarbures, et l’Egypte avec 5 projets essentiellement dans les télécoms.

En montants, c’est le Koweït, grâce à Wataniya Télécoms, qui domine avec 23% des projets pour 804 millions d’euros, suivi de l’Espagne et de l’Egypte avec 17% chacun, respectivement 606 millions d’euros et 603 millions d’euros.

Les Etats-Unis sont à la quatrième place, avec 13% des projets d’un montant global de 455 millions d’euros. La France, premier partenaire commercial de l’Algérie en 2005, arrive loin derrière avec seulement 7% des projets pour 259 millions d’euros. L’Arabie Saoudite suit juste derrière avec 6% des projets d’une valeur de 214 millions d’euros, et la Chine, septième avec 4% des projets (147 millions d’euros), arrive avec des pas de géant.

Les Chinois sont présents dans les hydrocarbures et le verre. L’ex-Empire du Milieu accroît sa présence économique et commerciale en Algérie. L’année passée, les échanges commerciaux entre les deux pays ont progressé d’une façon spectaculaire pour atteindre 43%, à l’avantage de la Chine.

Le plus important investissement réalisé en Algérie en 2005 est la construction de la plus grande usine d’ammoniaque du monde par le groupe espagnol Villar Mir à Arzew pour 438 millions d’euros. La capacité de production de cette usine est de 1,1 million de tonnes par an.

Elle va permettre à l’Algérie de devenir l’un des plus grands producteurs mondiaux d’ammoniaque, un produit largement utilisé dans l’agriculture. En 2005, Villar Mir, qui possède la compagnie de fertilisants Fertiberia, a racheté 66% du capital de Fertial et d’Alzofer, deux filiales d’Asmidal.

Le secteur bancaire a été très actif en 2005, avec l’ouverture de plusieurs agences par les banques françaises BNP Paribas et Société Générale et l’arrivée de Cetelem, numéro un européen du crédit à la consommation, et les banques libanaises Byblos Bank et Frasabank.

Avec une population de 33 millions d’habitants, l’Algérie attire également les grands noms de la grande distribution européenne avec l’ouverture d’un premier magasin Carrefour à Alger. Auchan s’apprête également à ouvrir ses premiers magasins à Alger, selon Anima.

«L’Algérie connaît actuellement une aisance financière inégalée grâce à ses rentes pétrolières. Cette situation se traduit par un dynamisme des investissements, essentiellement dans les domaines de l’énergie, des infrastructures (au sens large) et des biens de consommation», notent les rédacteurs de «Les investissements directs étrangers dans la région MEDA en 2005».

Dans les télécoms, un secteur qui attire le plus d’IDE dans la région MEDA, l’Algérie est bien placée, avec des investissements importants de la part de Wataniya Télécoms (Koweït), qui prévoit un milliard d’USD d’investissements en 2006 pour renforcer son réseau en Algérie.

L’égyptien Orascom, leader du marché de la téléphonie mobile en Algérie, prévoit des investissements de 270 millions d’USD pour renforcer son réseau mobile et construire une liaison sous-marine entre Alger et Marseille. Ces deux projets font partie des douze grands projets télécoms recensés dans la région MEDA en 2005, selon les chiffres donnés dans le livre.

Derrière les télécoms, l’énergie. Les deux plus grands projets dans ce secteur en plein boom sont la construction du gazoduc Medgaz (Algérie-Espagne) pour 504 millions d’euros et les investissements de plus de 500 millions USD du groupe américain Amerada Hess. Il y a également le démarrage en Algérie par la société canadienne Landmark Minerals d’un projet de prospection et d’exploration de l’uranium dans la région du Hoggar. En tout, onze projets ont été recensés en Algérie dans le secteur de l’énergie, loin derrière l’Egypte, très active, avec 24 projets recensés.

Dans les banques, l’attention est focalisée sur la privatisation en cours du Crédit Populaire d’Algérie, une opération suivie de près par les grandes banques européennes, notamment françaises comme la Société Générale, BNP Paribas et le Crédit Agricole.

En attendant, de grandes acquisitions se déroulent dans d’autres pays de la région MEDA comme la Turquie et l’Egypte. «Dans le cas algérien, note le document d’Anima, le FMI recommande de mener à son terme la privatisation des banques publiques, de rendre transparente et conforme aux standards internationaux la politique monétaire, et de moderniser les systèmes et instruments de paiement».

«Les banques publiques, lit-on dans le document, représentent 90% des actifs bancaires, ont une faible capacité d’appréciation des risques industriels et sont pénalisées par des créances douteuses».

Dans la construction, le BTP, logistique, services délégués, deux grands projets font partie des 15 projets de construction/logistique supérieurs à 100 millions de dollars annoncés en 2005. Le premier appartient au groupe saoudien Sidar qui a annoncé la construction d’un centre commercial à Alger pour 150 millions de dollars.

Le second est attribué à l’armateur français CMA CGM qui compte investir 160 millions de dollars dans des projets de ports à conteneurs et ports secs à Alger, Oran et Jijel. Toutefois, ce projet dépend de l’issue de l’opération d’ouverture des ports algériens aux investisseurs étrangers.

Dans le tourisme, l’Algérie affiche ses ambitions de devenir une grande destination touristique. En 2005, l’Algérie a accueilli 1,5 million de touristes, contre 5,8 millions de touristes pour le Maroc et 6,8 millions pour la Tunisie. L’Algérie compte combler son retard avec la construction de nouveaux hôtels et la privatisation de 50 hôtels étatiques.

Il y a surtout la construction d’une quarantaine d’hôtels Ibis dans le cadre d’un partenariat entre le groupe français Accor et l’Algérien Mehri. Le groupe saoudien Sidar compte réaliser un complexe touristique à Zéralda pour 280 millions d’euros.

Dans les logiciels et les prestations informatiques, l’Algérie peine à attirer des investisseurs étrangers, alors que des projets de création de Cyberparcs à Alger et Oran sont en cours. Dans ce secteur, c’est Israël qui rafle la mise avec d’importants investissements réalisés par des compagnies américaines. Dans l’automobile, c’est la Turquie qui a la faveur des investisseurs étrangers.

L’Algérie n’est pas une destination prisée pour les délocalisations: aucun projet n’a été recensé en 2005, selon Anima. Autre élément, l’Algérie, où prospèrent les partenariats (24% des projets), est ainsi jugée «moins sûre», au même titre que l’Egypte et la Syrie.

L’Algérie est considérée comme un pays d’équipement prometteur, «compte tenu, analysent les rédacteurs du livre, de ses ressources énergétiques et de ses projets d’infrastructures et de mise à niveau». En tout, des entreprises de 24 pays comptent ou ont des projets d’investissements en Algérie. Par exemple, le groupe suisse Holcim va construire une cimenterie à Relizane pour 140 millions d’euros.

Il y a aussi la création par Transmet (France) de la première entreprise algérienne d’implants chirurgicaux.

Par Hamid Guemache - Quotidien Oran

 

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