Liban : Israël révise ses prétentions à la baisse
Deux semaines depuis le début de l’offensive israélienne au Liban. Malgré sa détermination d’affaiblir le Hezbollah, Israël commence à revoir sa stratégie de guerre. Ses ambitions au Liban ne semblent plus les mêmes que le premier jour de son invasion du pays.
Ce qui lui semblait une affaire de quelques jours, va prendre plusieurs semaines selon une réévaluation de son armée qui vient de réclamer plus de temps pour exécuter son plan. L’hostilité croissante de l’opinion internationale commence à faire pression sur lui et risque de lui faire changer sa feuille de route.
«Il est temps», a déclaré un ministre proche du Premier ministre israélien Ehud Olmert qui a requis l’anonymat, «pour Israël de réévaluer ses objectifs afin de trouver une porte de sortie de crise». «Le gouvernement espérait que l’affaire serait réglée en peu de jours, (mais) à présent, l’armée réclame plusieurs semaines pour compléter sa tâche», a-t-il ajouté. Olmert reste catégorique en déclarant qu’Israël «a la résistance nécessaire» pour conduire une longue guerre contre le Hezbollah.
L’armée israélienne a pris la décision de limiter ses attaques terrestres en prenant comme cible les infrastructures du Hezbollah seulement. «Nous allons nous occuper de l’infrastructure du Hezbollah qui est à notre portée dans le sud du pays», a affirmé à la radio militaire le lieutenant-colonel Hemi Livni.
«Notre but est de repousser le Hezbollah au-delà de notre frontière sur une profondeur de sept ou huit km au moins, de façon à permettre l’établissement d’une force de sécurité internationale le long de cette frontière», a de son côté précisé un porte-parole militaire à l’AFP. L’armée israélienne a annoncé, hier, contrôler Bint Jbeil, deuxième place forte du Hezbollah au Liban sud. Démenti du Hezbollah.
La Syrie, quant à elle, reste vigilante en relevant son niveau d’alerte à un niveau sans précédent depuis plusieurs années de crainte d’une attaque israélienne, a affirmé mardi le chef des renseignements militaires israéliens, Amos Yadlin, cité par les médias israéliens.
Selon la radio publique, le général Yadlin a indiqué que la situation était «explosive» car la hausse du niveau d’alerte à Damas pourrait amener la Syrie à faire une évaluation erronée de la situation, lors d’une intervention devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense du parlement. Selon la radio publique, le ministre de la Défense Amir Peretz a affirmé qu’Israël n’avait aucune intention de prendre l’initiative d’une attaque contre la Syrie.
Ce changement de position et ces déclarations de la part de responsables israéliens interviennent à la veille de la tenue de la conférence internationale sur le Proche-Orient, prévue aujourd’hui à Rome. Une réunion de crise sur le conflit au Liban qui verra la participation des chefs de la diplomatie de quinze pays, trois organisations internationales et le Haut représentant pour la politique extérieure de l’UE Javier Solana.
Les travaux, qui doivent débuter par une intervention du chef du gouvernement italien Romano Prodi, réunissent la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice et les ministres des Affaires étrangères de treize autres pays: France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Grèce, Chypre, Espagne, Russie, Turquie, Jordanie, Egypte, Arabie Saoudite, Canada. Le Liban sera en revanche représenté par le Premier ministre Fouad Siniora et les ministres des Affaires étrangères, de la Défense, des Finances et des Télécommunications.
Le président de la Banque mondiale Paul Wolfowitz, le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, la commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero Waldner, le Haut représentant pour la politique extérieure de l’UE Javier Solana et le ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja, représentant la présidence finlandaise de l’Union européenne, participeront aussi à la réunion.
Les bombardements israéliens du Liban ont continué, pendant ce temps, sans relâche, tuant tôt le matin sept membres d’une même famille qui ont péri dans un raid sur leur habitation à Nabatiyé dans le sud du pays. Le Hezbollah a de nouveau tiré des dizaines de roquettes sur plusieurs localités du nord d’Israël, dont Haïfa, où une Arabe israélienne de 15 ans a été tuée et plusieurs personnes blessées.
Concernant les aides humanitaires, l’Arabie Saoudite a accordé mardi une aide totale de 1,5 milliard de dollars au Liban, sous forme d’un dépôt d’un milliard à la Banque centrale de ce pays pour soutenir la monnaie libanaise et de l’octroi de 500 M USD au pays du Cèdre dévasté par une offensive israélienne.
L’Arabie Saoudite a aussi décidé l’octroi d’une aide de 250 M USD aux Palestiniens pour la reconstruction de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Le roi Abdallah ben Abdel Aziz a «donné ses instructions pour le dépôt d’un milliard de dollars à la Banque centrale du Liban pour soutenir l’économie de ce pays», selon un décret royal lu à la télévision d’Etat.
Il a aussi «donné ses instructions pour accorder une aide de 500 M USD au Liban, qui serait le noyau d’un fonds arabe destiné à la reconstruction du pays», précise le décret.
Par B. M. - Quotidien Oran
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