Liban - Israël - Une katioucha dans la tête
Pour deux soldats égyptiens tués froidement et sans raison apparente, Moubarak n’a rien fait et Olmert n’a même pas présenté d’excuses. L’ONU n’en a même pas entendu parler et le Conseil de sécurité n’a rien vu. Pour quatre soldats de la force de l’ONU bombardés volontairement par le Tsahal, Annan joue à l’ému, Olmert fait semblant de présenter des excuses, le Conseil de sécurité fait des ratés.
Pour deux soldats israéliens enlevés, et maintenus pourtant en bonne santé en vue d’un échange, Olmert rase un pays et exécute tout un peuple. L’ONU approuve et le Conseil de sécurité regarde ailleurs.
Pour 700 morts civils dont la majorité sont des enfants et des femmes, et plus de 700.000 personnes poussées à l’exode obligatoire, Bush ne dit rien, il s’oppose même à tout cessez-le-feu et fournit des bombes intelligentes, des armes prohibées, des renseignements et des photos satellites à Israël. Pour 13 soldats, armés pourtant et agresseurs, tués en dehors de leur territoire, en plein combat, Bush exprime sa tristesse et ses condoléances et n’omet pas de réaffirmer son soutien à Israël.
Avec l’aide américaine et la complicité de beaucoup de régimes arabes, certes, mais aussi avec la bénédiction de l’ONU et la partialité encourageante du Conseil de sécurité, Olmert accomplit, depuis le 12 juillet, le génocide le plus lâche et le plus organisé de l’histoire de l’humanité.
Une armée suréquipée qui lâche des bombes sans relâche sur un peuple désarmé, des dirigeants qui vendent une cause pour un confort éphémère, des intellectuels frappés d’amuïssement, des personnalités au registre des abonnés absents, des peuples impuissants, du sang innocent qui coule...
On a l’impression que tous s’y sont mis pour ligoter le Liban et l’offrir aux sionistes et aux Américains avant de se mettre à l’aise devant leurs écrans et suivre, en sirotant leur thé, l’exécution assassine des Libanais.
Comment font-ils pour se regarder encore dans la glace ? Comment font-ils pour soutenir le regard de leurs enfants ? Comment font-ils donc pour dormir avec tout ce sang entre les mains, dans la bouche, entre les jambes ? Comment font-ils pour se réveiller le matin et prendre encore leur café ? Plus grave encore, comment font-ils pour vivre, pour ne pas mourir, pour ne pas se mettre une katioucha dans la tête ?
Par A. H. - Quotidien Oran
|