Algérie : Grève des éboueurs à Oran
Les travailleurs de la Division de l’hygiène et de l’assainissement (DHA) de la commune d’Oran ont observé, hier, un arrêt de travail «illimité» pour dénoncer, selon leurs dires, «la concession de six secteurs de collecte des ordures ménagères à travers la ville à des opérateurs privés».
L’entrée en service du privé a été très mal accueillie par les travailleurs. Une centaine d’entre eux se sont rassemblés dès 6 h hier à l’intérieur du parc de la division situé à El-Hamri. Ils demandent le départ immédiat des responsables de cette division accusés de «mauvaise gestion» et exigent de voir le wali pour suspendre leur action de protestation.
Ils ont également réclamé l’installation d’une commission pour enquêter sur les «dépassements et le sabotage du matériel roulant de cette division». Ils ont, en effet, accusé certaines personnes de vouloir mettre en faillite la division. Pour nos interlocuteurs, tout a commencé le 27 juin dernier, avec la suspension des élections de la section syndicale de cette division après que les travailleurs eurent suspecté une fraude.
Et d’affirmer: «Certaines personnes recourent au chantage et aux intimidations pour forcer les travailleurs à voter pour eux». «Le lendemain de l’attribution de ses secteurs, nous avons découvert que neuf camions sont tombés en panne durant la nuit.
Trois jours après, sept autres camions acquis récemment sont également tombés en panne, dont une benne tasseuse achetée cette année», affirme un représentant des travailleurs.
Et un autre d’ajouter: «Ce sont des actes de sabotage qui visent à mettre à genoux notre division. On exige l’ouverture d’une enquête pour sanctionner les responsables de ces actes criminels».
Les travailleurs se plaignent, par ailleurs, de la dégradation de leurs conditions de travail. «Il n’y a ni douches, ni infirmerie, la majorité d’entre nous n’ont pas été vaccinés contre les maladies transmissibles», martèle ce travailleur. Un autre a soulevé le problème de 735 travailleurs saisonniers qui attendent depuis dix ans d’être régularisés, mais en vain.
Contacté à ce sujet, le directeur de la DHA affirme: «Je suis arrivé comme d’habitude à 6h30 au parc de la DHA, mais j’ai été surpris de constater sur les lieux que les portes étaient toujours fermées. J’ai essayé de rentrer mais certains travailleurs ont essayé de m’en empêcher par la force, puis ils m’ont agressé physiquement.
Mon état a nécessité huit jours d’incapacité de travail. J’ai déposé plainte auprès de la police pour coups et blessures volontaires». Il souligne que ces travailleurs observent un «arrêt de travail illégal, sans passer par les procédures légales».
«Ils ne nous ont ni alerté, ni présenté une plate-forme de revendications et ils n’ont même pas déposé un préavis de grève», souligne le même responsable. Concernant la concession de plusieurs secteurs au privé, il ajoute que cela a été effectué en toute transparence, et ce conformément au recommandations du Président de la République et du wali.
«Après un avis d’appel d’offres infructueux, nous avons fait une consultation restreinte pour l’attribution de six sous-secteurs», a-t-il précisé. De son côté, M. Rezine, vice-P/APC et délégué de la DHA, affirme que les six soumissionnaires qui se sont présentés ont été tous retenus. Il ajoute que «cette grève a été organisée par certaines personnes sur fond de conflit syndical interne».
«La concession n’aura aucune répercussion sur les postes d’emploi, mais au contraire on compte ouvrir cette année 200 nouveaux postes.
Le privé ne va pas concurrencer la DHA. Il va seulement nous aider dans la collecte dans les secteurs difficiles, tels Bouamama, Les Planteurs, Kouchet El-Djir, Sidi El-Houari et El-Barki», explique-t-il. Concernant le «sabotage» du matériel roulant, notre interlocuteur, qui est également président de la Commission de réforme de la commune, précise: «Il y a sabotage, mais on n’a pas réussi jusqu’à maintenant à avoir de preuves. Cependant, ce qui est sûr, c’est que ce sabotage est perpétré par des gens de la maison».
Abordant les décisions qui seront prises dans les prochains jours, le directeur de la DHA, qui a déjà élaboré son rapport, nous a affirmé que les meneurs de ce mouvement seront suspendus et traduits devant le conseil de discipline.
Par Sofiane M. - Quotidien Oran
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