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Actualité

 

Algérie : Electricité, gaz, eau, a qui profite la vérité des prix ?

 

Depuis quelques jours, certains quartiers de la capitale ont connu des coupures d'électricité.

Payer le juste prix, pour ne pas dire le prix fort, pour les prestations de service et les produits dont la distribution continue à relever du monopole de l’Etat, c’est ce à quoi une majorité d’Algériens, confrontée au chômage et à la précarité, sont invités régulièrement à faire sans rechigner.

Alors que les salaires, dont on annonce un prochain et modeste réajustement, continuent à stagner, les factures d’eau, d’électricité, de gaz et de carburant, pour ne citer que ces exemples, n’en finissent pas de connaître des hausses, au grand désarroi des ménages.

Des responsables politiques, tout comme des chefs d’entreprises publiques, ont pris l’habitude d’annoncer des hausses perpétuelles, sans état d’âme aucun, en les expliquant (quand ils veulent bien le faire) par la «vérité des prix», parfois, par des difficultés de gestion, ou par les nécessaires investissements financiers à consentir pour développer ou améliorer les infrastructures.

Il y a quelques années, le directeur général de la Sonelgaz d’alors, avait déclaré ne pas comprendre pourquoi les Algériens payaient leurs factures de gaz et d’électricité moins cher que leurs voisins marocains et tunisiens. En raisonnant par l’absurde, on serait tenté de penser que nos dirigeants, s’ils en avaient les possibilités, n’hésiteraient pas à quantifier et à faire payer à chaque citoyen, les quantités d’oxygène consommées, par lui, chaque jour.

Après avoir subi les affres d’un socialisme spécifique triomphant, synonyme de prix soutenus et de pénuries à répétition, les Algériens, à leur corps défendant et sans préliminaires, sont obligés aujourd’hui, de subir les lois d’un capitalisme sauvage que l’on tente de leur présenter comme un modèle d’économie de marché où toute offre de service doit être réglée à sa juste cotation.

Le simple bon sens aurait voulu que dans cette étape intermédiaire de passage à une nouvelle forme de système politique, et compte tenu du niveau des faibles salaires versés à ceux qui ont la chance de posséder un emploi, les Algériens auraient dû bénéficier d’un répit.

Ce bon sens aurait voulu, par exemple, que les réajustements des coûts de certains services et produits particuliers soient mis en adéquation avec les rémunérations allouées. Il n’en fut, hélas, rien.

Les autorités versèrent dans la facilité. Au lieu de tenter, sans scrupule, de pomper dans le porte-monnaie des ménages pour pouvoir assurer la gestion, discutable du reste, de certaines entreprises de services, elles auraient dû avoir l’intelligence d’utiliser d’autres possibilités.

Comment comprendre, par exemple, que la Sonelgaz, soit obligée de payer au prix fort le gaz destiné au fonctionnement de ses turbines électriques et, à partir de là, d’être amenée à augmenter ses tarifs au niveau de la consommation domestique ? Les richesses du sous-sol algérien sont, pourtant, censées être la propriété de tous les Algériens.

Comment expliquer, sur la lancée, que la plupart des citoyens membres de pays producteurs de produits énergétiques payent son électricité et ses carburants à des montants modiques, sinon symboliques, alors qu’il est demandé aux Algériens de s’acquitter des niveaux de prix se rapprochant de ceux pratiqués dans les riches pays consommateurs ?

L’une des principales raisons de la situation de précarité latente de la population vient, souvent, de mesures irréfléchies, décidées à la hâte ou, alors, sur injonction d’organismes financiers internationaux. Cela a été le cas pour ce qui concerne l’élimination de la médecine gratuite.

Cette situation de précarité et de sous-emploi est le résultat, également, de cette propension de l’Etat à vouloir se délester, coûte que coûte, et sans trop réfléchir aux conséquences sociales, souvent désastreuses, de secteurs d’activité relevant de ses compétences.

Après avoir bradé, à vil prix, des entreprises de pointe, autonomisé la Sonelgaz, confié la gestion des ressources en eau, en milieu urbain, ainsi que la construction de logements à des entreprises étrangères, voilà que l’idée de livrer la gestion d’hôpitaux au privé commence à faire son chemin dans l’esprit des gouvernants.

En réalité, ce qu’il faudrait déduire de l’ensemble de ces mesures, c’est qu’elles sont autant de constats d’échec quant à l’incapacité de l’Etat à assurer ses prérogatives essentielles au bénéfice des populations sur la sécurité desquelles il est censé veiller.

Par Ahmed Mahieddine - Le Jour d'Algérie

 

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