Algérie : Conventions de branches - entre «échecs» et avancées
Une avant-dernière réunion d’évaluation des négociations entre les représentants syndicaux de l’UGTA, structurés au sein des fédérations et les représentants des sociétés
de gestion de participation de l’Etat (SGP), aura lieu le 26 août prochain.
C'est ce qu'a indiqué, hier, le secrétaire général de l’UGTA, M.Abdelmadjid Sid Saïd, lors de son intervention devant les représentants des fédérations. Il ajoute que les négociations entre son syndicat et les Sociétés de gestion des participations sur les conventions de branches s’achèveront la fin du mois en cours.
Il a précisé que la partie des négociations qui concerne les relations de travail «est terminée pour quelques secteurs et l’est presque pour d’autres». Pour le volet salarial, Sidi Saïd précise que «quelques fédérations sont arrivées à un accord» préliminaire, mais pour certains secteurs, a-t-il ajouté, notamment celui de la mécanique, «les négociations butent».
Les représentants des secteurs des textiles, de la mécanique, des matériaux de construction et du tourisme, ont dressé un constat «très critique de la situation qui prévaut, aujourd’hui, dans le secteur public économique». Une situation explique-t-on «soutenue par la fuite en avant des responsables des SGP qui ne semblent guère s’inquiéter du devenir du secteur public, encore moins de celui des milliers de travailleurs».
A ce propos, Abdelmadjid Sidi Saïd a déclaré que, lors de la prochaine réunion d’évaluation, «nous déciderons des arbitrages à faire avec le gouvernement pour les secteurs où les négociations aboutiront sur une impasse», ajoutant dans le même contexte que la date de la tripartite sera arrêtée pour le mois de septembre prochain «avec des arbitrages pour deux ou trois fédérations».
«Il n’est pas facile de négocier et dans toute négociation émergent des problèmes», a estimé le SG de l’UGTA, affirmant que les fédérations «négocient librement et le secrétariat de la centrale syndicale ne fait que suivre les résultats de ces négociations».
Par ailleurs, M. Sidi Saïd a indiqué qu’un projet de convention pour le secteur privé sera finalisé samedi ou dimanche prochain par son syndicat et sera soumis aux différents syndicats d’employeurs afin de «recueillir leurs points de vue».
Il a également souligné, qu’au même titre que le secteur public, la convention avec le secteur privé sera «signée et parrainée par le gouvernement», précisant que l’augmentation du salaire pour le secteur privé sera également «imposable».
Lors de la rencontre de ce mercredi, M. Sidi Saïd a exhorté les 18 fédérations à «tenir compte de l’aspect social et refuser toute proposition de licenciement des travailleurs en contrepartie d’une augmentation de salaires», dans les négociations avec les SGP et «négocier une évolution décente des salaires», qualifiant, par ailleurs, d’«obsolète», l’actuelle grille des salaires.
«Nous avons mené une bataille et nous l’emporterons jusqu’au bout», a-t-il dit à l’adresse des fédérations, rappelant à cette occasion, que les contractuels «ne sont pas menacés dans leur fonction, en vertu de la nouvelle loi relative à la fonction publique».
Les représentants des fédérations n’ont pas raté cette opportunité pour faire état de la situation qui caractérise, en ce moment précis, les négociations.
C’est le cas notamment des représentants des travailleurs des secteurs de la mécanique et la métallurgie, du tourisme, des matériaux de construction, du textile et du cuir. Des négociations qu’on qualifie «d’échecs». Toutefois, d’autres fédérations, à l’image de celle de l’enseignement supérieur, de la culture et de la communication, ont fait état d’avancées «importantes» dans les négociations.
Selon son secrétaire général, les deux parties (syndicat et employeur) ont convenu d’une augmentation de 30% pour les travailleurs de l’ENTV, de 20% pour la TDA et l’ANEP et entre 5 et 30% rééchelonnés pour l’imprimerie. Pour leur part, les fédérations des finances, des travaux publics et de l’hydraulique, des ressources alimentaires, jugent «positives» leurs négociations avec les SGP, malgré «les contraintes» enregistrées dans leurs secteurs respectifs.
La fédération du textile a mis en garde, quant à elle, contre le «risque de fermeture de plusieurs entreprises du secteur qui, selon elle, mettra au chômage 30.000 travailleurs, au mois de septembre prochain, en raison du refus des banques de leur octroyer des crédits». Le représentant de la fédération du textile a estimé, dans ce contexte, que pour sauver ce secteur, «il est impératif de lui réserver une enveloppe de 4 milliards de DA».
Par Fayçal L. - Quotidien Oran
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