Algérie : Le Trésor s’intéresse aux dettes des entreprises publiques
L’Etat veut-il effacer la dette des entreprises publiques ? Selon nos informations, le Trésor public a demandé aux banques de lui transmettre l’état des dettes des entreprises publiques. « Nous travaillons sur ce dossier depuis quelque temps, affirme une source bancaire proche du dossier.
Nous allons transmettre au Trésor le montant des dettes des entreprises publiques domiciliées au niveau de notre banque. L’objectif de cette opération est l’assainissement des entreprises publiques pour faciliter leur privatisation». L’opération concerne toutes les entreprises à capitaux publics.
«On n’est pas au courant de l’existence de cette opération, mais nous savons que les pouvoirs publics travaillent sur ce dossier depuis plus d’une année», affirme le secrétaire national chargé de l’économie au niveau de l’UGTA, M. Badreddine.
Le ministère des Finances a en effet chargé un bureau spécialisé d’élaborer une étude sur l’assainissement des entreprises publiques, avec l’objectif d’effacer leurs dettes qui se chiffrent en milliards de dinars. Cette dette empêche le développement et la vente des entreprises à capitaux publics. « L’effacement de la dette va permettre aux entreprises de se relever et de se développer », estime le syndicaliste.
Le gouvernement a failli effacer les dettes des entreprises publiques en 2005. Une enveloppe de 35 milliards de dinars aurait été débloquée dans le cadre de la loi de finances 2005 pour permettre au Trésor public de racheter les dettes des entreprises publiques auprès des banques. « Après avoir accrédité les comptes des entreprises publiques, le gouvernement a fait machine arrière et retiré cet argent. L’opération a été reportée », affirme une source proche du dossier.
La fédération du textile a mis en garde, quant à elle, contre le «risque de fermeture de plusieurs entreprises du secteur qui, selon elle, mettra au chômage 30.000 travailleurs, au mois de septembre prochain, en raison du refus des banques de leur octroyer des crédits». Le représentant de la fédération du textile a estimé, dans ce contexte, que pour sauver ce secteur, «il est impératif de lui réserver une enveloppe de 4 milliards de DA».
Par Hamid Guemache - Quotidien Oran
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