Liban : Après Qana, un nouveau massacre à Qaâ dans la Bekaa
Des corps calcinés, désarticulés, sans pieds, sans bras... C’est ce qu’on pouvait voir, hier, sur nos écrans après le passage de bombes intelligentes américaines larguées par les avions américains de l’armée israélienne sur une ferme à Qaâ, dans la vallée de la Bekaa, contre des ouvriers agricoles qui chargeaient des légumes dans un camion-frigo.
33 dangereux ouvriers agricoles armés de légumes tués et une vingtaine de blessés, tel était le bilan provisoire d’un raid «intelligent» d’une lâcheté sans pareil.
Qaâ, c’est une zone chrétienne, près de la frontière syrienne, très loin du théâtre des opérations au sud, mais les fascistes militaires israéliens et les Américains vont à nouveau essayer de convaincre le monde que les fruits et les légumes étaient de dangereuses armes du Hizb-Allah. Des actes «proportionnés» sans doute et Mme Condoleeza Rice, accusera les Libanais de se livrer à de la «propagande» après ce massacre qui intervient moins d’une semaine après celui de Qana qui avait fait 54 morts.
Ces massacres n’ont aucune justification au plan militaire, mais la résistance farouche qui s’oppose au mouvement de l’armada israélienne au sud Liban pousse l’état-major de l’armée israélienne à mener une guerre terroriste de grande ampleur. Il s’agit de faire plier la résistance libanaise en massacrant le plus grand nombre de civils libanais et en détruisant systématiquement les infrastructures du pays.
Les Etats-Unis, en bloquant toute initiative pour parvenir au cessez-le-feu, se font les parrains d’une guerre terroriste qui prend en otage tout un peuple, tout en poussant à une déflagration régionale. La guerre terroriste déclenchée le 12 juillet dernier a fait au moins 955 morts et 3.293 blessés, au 24e jour de l’offensive israélienne, selon un bilan établi vendredi à partir de sources officielles par l’agence AFP.
Les chiffres provisoires parlent d’eux-mêmes, 868 victimes dont 30% d’enfants de moins de 12 ans, ont été tués dans cette stratégie délibérée visant à faire plier la résistance en massacrant les civils. Dans les rangs de la résistance libanaise, qui n’a pas tendance à cacher ses martyrs, bien au contraire, les pertes se chiffrent à 48 combattants du Hizb-Allah, 7 du mouvement Amal.
Un décryptage de ces chiffres n’est guère difficile. La résistance libanaise, par sa pugnacité et sa mobilité a démontré qu’il était impossible à l’armée israélienne d’obtenir une victoire militaire.
Non seulement, la résistance libanaise mène de rudes combats au niveau de la zone frontalière mais elle a encore montré une capacité intacte à toucher l’intérieur du territoire israélien.
Les objectifs proclamés de la guerre, détruire la résistance ou réduire ses capacités, ne sont pas atteints. Il est clair qu’ils ne le seront pas par des moyens militaires. Le choix de s’attaquer aux civils indique qu’Israël, de connivence avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, veut les obtenir par une escalade de la stratégie terroriste.
Avec le parapluie politique des chantres de la «civilisation», c’est la stratégie des nazis qui est remise au goût du jour. Les ouvriers agricoles assassinés à Qaâ s’ajoutent à plus d’une vingtaine d’autres personnes tuées dans des raids contre des ponts au nord de Beyrouth.
Les Américains font traîner les discussions autour d’une sortie du conflit afin de permettre à Israël de causer au Liban le maximum de pertes et de lui imposer leur diktat. Cette stratégie terroriste -la définition la plus commune du terrorisme est l’attaque contre des civils en vue de réaliser des objectifs politique- ne fait pas plier le chef du Hizb-Allah.
Dans une déclaration diffusée par la chaîne Al-Manar, Hassan Nasrallah, en réponse à l’annonce du chef d’état-major de l’armée israélienne qui avait menacé de s’en prendre au coeur de Beyrouth, a indiqué que la riposte se fera contre Tel-Aviv. «Si vous bombardez notre capitale, nous bombarderons la capitale de votre entité usurpatrice. La résistance islamique bombardera Tel-Aviv». La banlieue sud de Beyrouth subissant des raids incessants qui l’ont réduite en ruines, tout le monde a compris que Nasrallah parlait de Beyrouth intra muros.
Mais c’est, sans doute, le message politique qui est le plus important. Alors que les Etats-Unis pensent que le maximum de dégâts fera plier la résistance, Hassan Nasrallah qui a accusé Bush d’être le vrai responsable de la guerre, a clairement indiqué qu’il n’acceptera pas une solution qui porterait atteinte à la souveraineté du Liban. «Le Liban ne sera jamais soumis aux Américains et Israéliens et il n’occupera aucune place sur la carte du nouveau Proche-Orient» de Washington.
A l’égard des dirigeants des régimes arabes soucieux de leur «koursi», il a été sans appel: dans le nouveau Moyen-Orient des Américains, il n’y aura pas de «koursi» car toute la région aura été découpée en cantons sur des bases confessionnelles et ethniques.
Alors qu’à l’ONU, les Américains font le forcing pour imposer une force internationale aux contours flous et qui est rejetée par une grande partie des forces politiques libanaises, la Ligue arabe a décidé de convoquer, lundi, une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères à Beyrouth pour soutenir le Liban. L’organisation de la conférence ismlamique (OCI) a réclamé une trêve immédiate et s’est dit «outrée par la partialité de la communauté internationale». En réalité, c’est quoi la communauté internationale?
Une fiction pour ne pas désigner la dictature impériale des Américains qui n’en finissent pas de faire de faux calculs. C’était le cas en Irak, ce le sera indéniablement au Liban, cet «ami» qu’ils aident à détruire de manière systématique avec leur si «intelligentes» bombes.
Par M. Saâdoune - Quotidien Oran
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