Algérie : 3.000 DA par mois pour prendre le bus
Les familles algériennes déboursent en moyenne 3.000 dinars de leur revenu mensuel pour les transports urbains, selon une étude effectuée par le Centre national d’études et d’analyses pour la population et le développement (CNEAPD).
Dans une déclaration à l’APS, le directeur des études du CNEAPD, M. Tahar Houcine, a indiqué qu’une étude sur «les frais déboursés par les familles en matière de transport et la situation du secteur» fait ressortir que les familles algériennes consacrent en moyenne 3.000 dinars de leur revenu mensuel pour les transports urbains.
Les bus restent le moyen de transport le plus prisé par les Algériens pour des raisons de prix, notamment. En effet, par rapport aux tarifs des taxis et des trains, celui des bus est relativement bas. Mais il n’y a pas que le facteur financier qui porte le choix des usagers vers les bus, il y a aussi le facteur de «disponibilité» de ce moyen de transport en comparaison avec les taxis et les trains. Il est en effet connu qu’en Algérie, les bus dominent les transports en commun en milieu urbain, dans le sens où ce moyen de transport assure le plus grand pourcentage des déplacements des personnes en ville et en banlieue.
La capacité en terme de nombre de places fait pencher davantage la balance en faveur du bus aux dépens du taxi, alors que le train est quasiment absent dans le transport urbain en Algérie, en attendant les projets de la SNTF visant les grandes banlieues, à Alger et à Oran notamment, et l’entrée en service du tramway.
Incontestablement, ce sont aujourd’hui les bus privés qui se taillent la part du lion du transport urbain à la faveur d’une privatisation effrénée de ce secteur, même si des entreprises publiques commencent à réinvestir le terrain depuis quelque temps, convoitant les grandes villes dont la rentabilité sûre vaut l’investissement.
Soulignant que l’étude de CNEAPD a touché 6 wilayas du pays, dont Annaba, Constantine, Oran et Alger, M. Houcine a révélé que les frais de transport comptent parmi les dépenses essentielles de la famille algérienne.
Et c’est tout à fait logique dans la mesure où les personnes non véhiculées (dont le taux reste très élevé par rapport aux personnes possédant un véhicule en dépit de l’explosion du parc roulant ces dernières années, avec l’installation de plus en plus de concessionnaires et l’émergence du crédit véhicule), sont obligées d’emprunter les transports en commun dans leurs déplacements quotidiens.
Même pour les familles dont les parents possèdent un véhicule, voire deux, on ne peut pas se passer du bus ou du taxi, surtout pour les familles nombreuses dont les enfants sont scolarisés dans des établissements éloignés où dont le lieu de travail est situé relativement loin.
Par ailleurs, le responsable a indiqué que les bus privés «jouent un rôle important en matière de transport». «Cependant, a-t-il dit, ils ont besoin d’organisation». M. Houcine a précisé, dans ce sens, que l’étude qui a été entamée depuis 4 ans et qui a touché, progressivement, 6 wilayas du pays, constituera une référence pour «l’élaboration d’une stratégie dans le domaine du transport».
Une autre étude sur «le niveau de vie de la population et le calcul de la pauvreté en Algérie», réalisée par le même centre, fait ressortir que le taux de pauvreté en Algérie a reculé à moins de 6%. Réalisée à la demande du ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale, cette étude révèle que le taux de pauvreté en Algérie a reculé à moins de 6%, après avoir atteint 22% en 1995.
«Les revenus et le niveau de vie du citoyen se sont améliorés», a indiqué le responsable, qui a ajouté que l’étude a montré que «les dépenses quotidiennes dépassent aujourd’hui les deux dollars».
Ce recul de la pauvreté est dû, selon l’étude, à de multiples raisons, dont «la diversification des activités et des projets économiques qui a ouvert de larges perspectives à l’emploi», a précisé le directeur du CNEAPD.
L’étude a par ailleurs montré que «la famille algérienne compte en moyenne entre 6,5 et 7 membres», a-t-il encore précisé. Cette étude a été réalisée lors de la période 2004-2006 sur 5.000 familles algériennes réparties sur 43 wilayas. Près de 70% des familles algériennes sont «nucléaires», c’est-à-dire composées des parents et des enfants, d’après l’étude.
«La société algérienne tend à s’orienter vers la caractéristique de la famille nucléaire», a affirmé M. Houcine, précisant que cette nouvelle tendance est liée au niveau d’instruction, au revenu familial et au logement. L’étude révèle que les régions rurales du pays demeurent caractérisées par la famille étendue (grande famille).
Le directeur des études au CNEAPD a, à ce propos, précisé que la famille algérienne dans les régions rurales entretient toujours «les traditions de la cellule familiale» avec des familles comprenant «le grand-père, la grand-mère, les parents et les enfants».
Par H. Saaïdia - Quotidien Oran
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