Algérie : Une facture de téléphone de 31 millions de centimes
Le téléphone n’en finit pas de susciter des mécontentements et les inévitables réclamations qui en découlent. Pour ce que l’on pourrait qualifier de surfacturation, ou d’erreurs de facturation, les services comptables d’ACTEL reçoivent quotidiennement des dizaines de réclamations.
Mais en dépit de cette protesta permanente, nous confie M. Khoualed Khalfa, le directeur d’unité opérationnelle de wilaya, «ces problèmes sont réglés au cas par cas. Nous arrivons toujours à trouver un terrain d’entente sans léser ni l’administration ni le client.
Mais encore faudrait-il que ce dernier se manifeste à temps pour une réclamation». Cela ne veut pas dire, poursuit notre interlocuteur, que les erreurs n’existent pas. Ni l’homme ni la machine ne sont infaillibles, avons-nous cru comprendre à travers les explications de ce responsable.
Entre autres factures que nous qualifierons de «salées», notons celle dont fut destinataire un citoyen de Sidi M’cid, petite localité des faubourgs immédiats de Constantine. C’est une véritable énigme que celle de cet abonné au WLL qui reçoit une facture de... 31 millions de centimes.
Cet abonné tombe des nues et crie son «innocence». Habitant un quartier modeste, ce citoyen sans ressources s’étonne du relevé extraordinaire qui lui fut adressé.
La majeure partie des communications qu’il aurait faites sont pour la plupart adressées à Madagascar ou à la République du Congo ! Nous nous sommes prêtés à comptabiliser les envois adressés en une seule nuit vers la République du Congo: pas moins de 22 appels en l’espace de deux heures de temps ! «Cela, se désole cet abonné, relève du délire et dispense de tout commentaire».
A propos de réclamations infondées, M. Khoualed est formel. Il compare les compteurs de téléphone à ceux d’un véhicule automobile. Si le véhicule est à l’arrêt, souligne notre interlocuteur, comment voulez-vous que le compteur tourne et inscrive les kilomètres ? Pour en revenir à l’abonné de Sidi M’cid, le directeur d’ACTEL indique qu’« il n’a même pas honoré les trois premières factures que nous lui avons adressées et qui sont de l’ordre de deux mille dinars chacune.
Comment, dans ce cheminement illogique, expliquer que cet abonné ait mis plus de huit mois pour se manifester et qu’il vient tout juste de nous adresser une lettre de réclamation ?».
La question reste posée mais le problème n’en est pas réglé pour autant. A travers toutes ces supputations, il apparaît clairement que les responsables d’Algérie Télécom sont convaincus qu’ils sont dans leur droit, confortés dans leur position que le WLL est très fiable et qu’à ce niveau tout piratage est quasiment exclu.
Par Rahmani Aziz - Quotidien Oran
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