Algérie : Où sont passées les ONG ?
L’Union nationale des barreaux d’Algérie a dénoncé hier «le mutisme et l’indifférence des ONG internationales par rapport à ce qui se passe au Liban et en Palestine».
Cette conférence, qui porte sur «la situation qui prévaut au Liban et en Palestine», vient après l’appel lancé le 18 juillet dernier par la même Union des barreaux qui a exhorté les organisations des droits de l’homme et celles des avocats, notamment des pays arabes, à «s’élever contre l’agression de l’armée Israélienne du Liban».
Les barreaux algériens avouent ne pas être surpris du silence d’un grand nombre d’ONG internationales à ce sujet, à l’exemple de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) et Amnesty International. Il s’agit là, disent-ils, de la politique des « deux poids, deux mesures ». L’exception a été marquée par Human Rights Watch dont la position exprimée par rapport à ce conflit est jugée correcte, confie Me Miloud Brahimi.
Faisant allusion aux années de terrorisme qu’a vécues l’Algérie, l’intervenant n’a pas raté l’occasion pour dire que les deux organisations citées ont été «pourtant très actives pendant ce temps-là», alors qu’aujourd’hui elles ne se sont pas manifestées pour dénoncer les horreurs commises par l’Etat israélien.
Me Brahimi fait remarquer qu’Israël se targue d’être «un Etat démocratique pour les juifs mais refuse de l’être vis-à-vis des Palestiniens et des Libanais» en bafouant leur droit le plus élémentaire, celui de la vie. Le lobby juif, dont les ramifications s’étendent jusqu’au sommet de ces organisations, a été aussi au centre du débat lors de cette rencontre.
«Ces ONG, quand bien même leur mission est noble, ne peuvent se défaire de sa pression» (ndlr, celle du lobby juif), a ajouté un des bâtonniers, qui a estimé en outre que «les Etats européens subissent les mêmes pressions. Ce qui les oblige à se confiner dans un même mutisme».
Questionné sur d’éventuelles manifestations ou actions que les barreaux d’Algérie compteraient entreprendre, Amar Bentoumi, président de l’Union, rappellera que «l’état d’urgence empêche toute manifestation». Mais, ajoute-t-il, «pour nous, en tant que défenseurs des droits de l’homme, il s’agit d’appeler ceux qui restent dans le mutisme à s’exprimer sur les droits bafoués des peuples libanais et palestinien et à dénoncer leurs massacres».
Intervenant au nom du représentant du bâtonnat national, Me Chorfi a dénoncé la guerre menée contre des civils ainsi que les destructions des infrastructures du Liban. Rappelant la défaite des armées arabes en 1967, il a estimé que «la leçon à méditer aujourd’hui est que le Hezbollah a pu changer la donne en tant que résistance et partie intégrante du peuple libanais en montrant que l’agresseur «n’est plus le prétendu ennemi invincible, mais celui qui s’est trompé dans les calculs qu’il a faits sur la liquidation rapide de la résistance des Libanais».
Ce qui, selon lui, doit être pris en considération par les élites et les intellectuels arabes qui doivent «la rentabiliser» pour opérer des changements au sein des sociétés arabes.
Au cours de cette conférence de presse, l’Union des barreaux, pour la voix de Me Bentoumi, a appelé les pays arabes à fermer leurs ambassades aux USA en signe de protestation contre le soutien américain à l’agression israélienne.
Par Salah-Eddine K. - Quotidien Oran
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