Algérie : Sit-in des travailleurs de l’ENCG à Alger
Les travailleurs de l’ENCG d’Alger ont observé hier un sit-in de protestation au niveau de leur unité, sise à l’intérieur du port de la capitale, pour revendiquer le paiement du salaire du mois de juillet dernier.
Selon les délégués syndicaux, «la colère des travailleurs ne se limite pas à la seule revendication salariale». Pour eux, «le retard accusé sur ce plan est annonciateur d’un lendemain incertain, d’autant que depuis que l’unité d’Alger (UP 6) a été rachetée par un opérateur privé, rien de bon ne pointe à l’horizon». Face à cette situation, les travailleurs s’interrogent sur leur devenir et celui de leur entreprise.
Ces derniers nous ont indiqué que l’unité production 6, en l’occurrence celle d’Alger, a été rachetée par un opérateur privé national. Selon des travailleurs, l’Entreprise nationale des corps gras, à travers ses six filiales, avait connu des situations financières critiques à l’origine de plusieurs tensions sociales au sein du groupe.
Cette situation avait poussé la fédération de l’agro-alimentaire UGTA à monter au créneau sur le cas urgent de l’ENCG, «qui ne peut plus importer les matières premières indispensables pour ses raffineries». La banque publique BADR avait pris la décision de ne plus accorder un nouveau découvert à l’ENCG, jusqu’à ce qu’elle recouvre les 400 milliards de créances que l’entreprise détient depuis des années sur des tiers.
L’affaire est remontée au Conseil de participation de l’Etat (CPE), que préside le chef du gouvernement à travers le ministre délégué chargé de la Participation, saisi par l’UGTA qui souhaite l’effacement de la dette de l’ENCG, qui avoisine les 1.500 milliards de centimes. Or, le chef du gouvernement de l’époque, M. Ouyahia, avait débouté l’ENCG. Ainsi, une seule option est restée pour éviter à cette entreprise publique économique une mort certaine. «Il faut ouvrir son capital», a soutenu un responsable de l’UGTA.
Le CPE a chargé dès lors la SGP tutelle de l’ENCG d’entamer des négociations avec deux entreprises privées, La Belle et Koug.C. La candidature du géant saoudien Savola n’a pas été retenue. La Belle propose d’entrer dans le capital, à hauteur de 70%, de deux filiales de l’ENCG, sises à Annaba et Béjaïa. Koug.C, basée en Suisse, avait acquis 80% des filiales d’Alger, Oran et Maghnia.
Cependant, depuis que ce processus a été finalisé, la situation est restée en l’état et les travailleurs, dont le nombre dépasse 500, s’interrogent sur leur devenir, et ce «même si les clauses de la reprise stipulent que le repreneur maintiendra l’ensemble des emplois».
Par Fayçal L. - Quotidien Oran
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