Algérie : Les ministres en congé, où passent-ils leurs vacances ?
Dix jours. Ni plus ni moins. Le Boss en a décidé ainsi. Et gare aux retardataires. C’est un septembre chargé qui s’annonce à l’horizon. La mobilisation devrait être générale autour d’un certain nombre de projets.
Il y a, en tête- et sans conteste-la révision constitutionnelle à laquelle tout le monde est convié à apporter son blanc-seing. Ainsi, l’agenda plein, les vacances de nos ministres sont d’ailleurs et comme à chaque fois, revues à la baisse.
Pour autant, ailleurs, dans le monde ou plutôt dans les pays où la démocratie est un fait et une pratique courante avec pour seul mot d’ordre la transparence ministres et personnalités publiques, s’adonnent à des parties de «News-People» avec une presse avide de scoops dans une période estivale de grande disette. En France, les ministres, le Chef du gouvernement, voire même Jacques Chirac en personne, confient aux journalistes- et de là les citoyens- leurs destinations vacancières.
Qu’ils aillent couler quelques paisibles jours au bord de la mer, dans un chalet à la campagne ou ailleurs dans un autre pays, tous ou au moins une grande partie, parlent au petit peuple, se rapprochent de lui en donnant l’air de faire comme tout le monde. Que la vie privée d’un ministre n’a pas à trop à envier celle des petites gens.
Que les vacances d’un représentant du gouvernement ne sont pas celles d’un monarque. Sans protocole et payées de surcroît par ses propres moyens et non par le contribuable. Les citoyens apprécieront cette marque de sympathie et de transparence.
Chez nous en revanche, bien sûr, comme à l’accoutumée, on ne dit mot sur rien. C’est le mutisme qui prime. Aucun ministre n’a jusqu’ici jugé utile de dire où il passera ses dix jours de congé. Certes, aucune loi au monde, hormis peut-être la nécessité d’instaurer la communication- qu’au demeurant nombre d’entre eux maîtrisent très mal, ne les astreints à un pareil exercice –.
Plusieurs d’entre eux sont allés- et c’est là un droit incontestable- se ressourcer quelque part en Algérie ou ailleurs, en vue d’affronter une rentrée sociale extrêmement chargée : la fin de l’application de la charte, les négociations sur la hausse des salaires du secteur économique, la tripartite, un éventuel remaniement ministériel, le pacte économique et social… autant de dossiers qu’une dizaine de jours de repos permettrait sans doute d’appréhender dans de meilleures dispositions.
Mais ceci n’explique pas forcément cela et qu’il aurait été quand même mieux que nos ministres se permettent quelques confidences que les lecteurs de la presse «croqueront» non sans plaisir.
Voire un Belkhadem à Oran en tenue décontractée ou enfoui dans une Djellaba blanche attablée autour d’une glace, un Sellal en short sur une plage de Béjaïa jouant au Beach-Ball, ou d’un Temmar avec son «Bob» de toujours visitant non les usines privatisables mais plutôt une des belles côtes dont le pays regorge à travers ses 1 200 km, ne fait de mal à personne.
Bien au contraire. C’est une marque de sympathie qu’appréciera à coups sûr tout un chacun. Ce n’est pas le cas.
Tant pis. Nos ministres malheureusement déjà distants dans leur exercice au pouvoir, le sont encore plus sur ce sujet. Où vont-ils ? Dans quel cadre passent-ils leurs vacances ? Avec quels moyens ? Chut !
Par Amine Goutali - Le Jour d'Algérie
|