Algérie : Les objectifs de Sonatrach
Sonatrach, activité Amont, a signé dimanche dernier le contrat Boosting Phase II – Hassi R’mel avec le consortium ABB/SARPI. De fait, Sarpi, société d’études et de réalisation de projets industriels dans les hydrocarbures, est une société mixte algéro-italienne dont Sonatrach détient 50%.
D’un montant de 214 millions de dollars équivalents et d’une durée de réalisation de 32 mois, ce contrat porte principalement sur l’installation de 6 turbocompresseurs au niveau du gisement de Hassi R’mel.
En fait, le projet Boosting Hassi R’mel dont une première phase est déjà opérationnelle depuis plus de 2 années, consiste à comprimer, jusqu’à 102 bars, l’ensemble du gaz brut à l’entrée des modules afin d’assurer une exploitation des modules de traitement.
Ceci permettant une production optimale du condensât et du GPL ainsi que du gaz de vente conforme aux spécifications. Il comporte trois stations de compression totalisant une capacité de 279 millions de mètres cubes par jour.
Dans son allocution, lue par le vice-président Aval, Abdelhafidh Feghouli, le Pdg du groupe Sonatrach, Mohamed Meziane, a estimé que ce projet s’inscrit «dans notre politique d’exploitation rationnelle et optimale des ressources en hydrocarbures que recèle ce gisement géant». En effet, Sonatrach veut «être au rendez-vous de ses engagements aussi bien en termes de production que de commercialisation du gaz, en termes d’exploitation optimale des liquides de gaz naturel mais aussi dans des conditions qui assurent le meilleur ratio réserves/production sur une vision de long terme».
En effet, Sonatrach prévoit de répondre à la demande croissante du marché national et de livrer au marché international 85 milliards de mètres cubes par an à l’horizon 2010. Ainsi, ce groupe consacre près des deux tiers de ses investissements planifiés à ses activités Amont dans le but de mettre en évidence de nouvelles réserves et le développement des gisements, outre le développement du transport par canalisations et la réalisation de nouvelles capacités dans l’Aval liquéfaction/séparation des gaz, la pétrochimie et le raffinage.
En fait, ce projet tient une place importante dans le grand programme de développement de Hassi R’mel dont le niveau de production est de 100 milliards de mètres cubes par an, outre 700 000 tonnes de pétrole brut, 3 millions de tonnes de GPL, 8,5 millions de tonnes de condensât, avec déjà un taux de réalisation de 50% pour le premier semestre 2006.
Ce faisant, les amendements apportés à la loi relative aux hydrocarbures même s’ils ne sont pas encore publiés, selon le vice-président Amont, Boumediene Belkacem, n’impliquent cependant aucun changement de cap dans la production de pétrole et la commercialisation du gaz (2 millions de barils par jour de pétrole et 85 milliards de mètres cubes pan an de gaz à l’horizon 2010).
En ce sens, dans le but d’augmenter la production de pétrole de la capacité actuelle de 1,450 million de barils/jour à 1,5 million de barils/jour dont 50 000 grâce au super gisement de Hassi Messaoud, le projet de Bir Berkine de production de pétrole brut est en route selon le vice-président Amont. En outre, selon ce dernier, l’effort sera maintenu sur les niveaux de réserves d’hydrocarbures, une partie des quantités produites étant récupérée.
Cela même si le vice-président Aval a indiqué que ces amendements consolident la fiscalité en faveur des opérateurs de l’Amont qui investissent dans l’Aval.
PROJET DE RAFFINERIE DE PETROLE DE TIARET
Au stade du lancement des études de faisabilité
Par ailleurs, le projet de raffinerie de pétrole brut de Tiaret, dont Sonatrach devrait détenir 65% des parts au minimum, est au stade du lancement des études de faisabilité selon le vice-président Aval, Abdelhafidh Feghouli.
Celui-ci a indiqué que des études ont été lancées avec le bureau de consulting français, SOGREA, pour l’identification du potentiel hydrologique de la région. En outre, le bureau de consulting Jacobs a été invité à lancer des études de faisabilité de la raffinerie, des études en bonne voie selon Abdelhafidh Feghouli.
Selon ce dernier, le projet est encore loin du lancement de la phase technique de l’appel d’offres lancé pour sa réalisation. En effet, les offres techniques présentées notamment par des opérateurs chinois et indiens ainsi que par le groupe français Total ont été jugées «non intéressantes».
Néanmoins, le processus se poursuivra selon le vice-président Aval qui a précisé que l’option de réalisation en partenariat sera maintenue. Sinon, Sonatrach dont «la position est solide», a affirmé Abdelhafidh Feghouli, réalisera elle-même le projet.
Par Chérif Bennaceur - Le Soir d'Algérie
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