Israël continue les attaques contre les civils, la résistance persiste
Quelques heures après le départ, lundi soir, des ministres arabes des Affaires étrangères,
les habitants du quartier de Chiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, subissaient, à nouveau, les assauts de la «civilisation».
Au moins 32 personnes ont été tuées dans des raids sur des immeubles qui accueillaient des personnes déplacées du sud du pays. Hier, les services de secours tentaient encore de dégager les corps ensevelis sous les décombres. Ces morts s’ajoutaient aux 5 civils tués dans la même soirée dans des raids sur des localités de Baalbeck, qui ont fait également une trentaine de blessés. Les bombardements ont fait, pour la journée du lundi, au moins 75 morts.
Hier, 14 personnes ont été tuées et 28 autres blessées dans des raids contre des immeubles dans la localité de Ghaziyeh au sud-est de Saïda. Les raids ont eu lieu au moment où se déroulaient les obsèques d’une quinzaine de civils libanais tués la veille dans des bombardements.
La stratégie de l’armée israélienne consistant à chercher une «victoire» politique en causant le maximum de pertes parmi les civils est plus que jamais la réponse d’Israël à la résistance acharnée qu’il rencontre au sud du Liban. Des tracts ont été largués par Israël annonçant que tout véhicule se déplaçant au sud du fleuve Litanie sera attaqué.
Hypocritement, l’armée sioniste annonce que les convois humanitaires ne seront pas concernés par cette menace de mort. Dans les faits, les convois humanitaires ne vont plus dans le sud du Liban où les habitants vivent dans une situation extrêmement difficile. Ce ciblage systématique des civils n’affaiblit pas, pour autant, la résistance libanaise.
Les combats continuaient à faire rage, hier, près de Bent Jbeil, notamment à Debel et Labbouné. La zone de Bent Jbeil a été attaquée depuis les premiers jours de la guerre et elle continue encore, 28 jours plus tard, à résister avec vigueur aux assauts de l’armée israélienne. Cela donne une idée de l’extrême endurance des résistants libanais qui ont détruit un char tuant et blessant plusieurs soldats israéliens.
Selon Al-Jazira, 3 soldats israéliens ont été tués à l’Est de Nakoura tandis que l’armée israélienne reconnaissait un bilan de 63 soldats tués depuis le début du conflit. En outre, la résistance continuait, malgré la pression militaire, à lancer des tirs de Katioucha sur le nord d’Israël, ce qui a poussé le gouvernement israélien à évacuer des milliers d’habitants.
Sur le terrain diplomatique, des tractations se déroulaient encore à l’ONU autour du projet de résolution franco-américain qui ne satisfait pas le gouvernement libanais. La délégation mandatée par les ministres des Affaires étrangères arabes aura fort à faire pour convaincre les membres du Conseil de sécurité de tenir compte des objections libanaises qui n’entend pas transiger sur la question du retrait des troupes israéliennes du sud-Liban.
Les représentants de la Russie et de la Chine semblaient sensibles aux objections du Liban et des Etats arabes. L’ambassadeur de Russie à l’ONU, Vitali Tchourkine, a indiquait que son pays refusait de voter en faveur du projet franco-américain.
«Pour nous, il est évident qu’un tel projet, qui est inutilisable pour la partie libanaise, ne doit pas être adopté, parce qu’il ne ferait que conduire à la poursuite du conflit et des violences» a-t-il déclaré. «Des efforts intensifs sont actuellement menés, des contacts et des consultations auxquels nous prenons part, afin d’essayer de mettre au point un projet de résolution qui soit plus acceptable pour le gouvernement libanais».
Il a considéré qu’il était «difficile de prédire quand seront trouvées les formules adaptées, avec lesquelles doit également tomber d’accord la partie israélienne».
Ces déclarations sont considérées comme un ajustement de la position exprimée la veille et qui semblait entériner globalement le projet américain.
La France également, dont l’alignement total sur les Etats-Unis a surpris, tentait de rectifier le tir en saisissant au vol l’annonce du gouvernement libanais d’une mobilisation de 15.000 réservistes à déployer dans le sud du Liban. Le ministre français des Affaires étrangères a qualifié cette proposition de «fait politique très important auquel la France apporte son soutien. Il faut maintenant examiner la manière dont cette proposition pourrait être mise en place».
Mais si les pays arabes pressent le Conseil de sécurité d’accepter de prendre en compte les modifications demandées par Beyrouth, il n’est pas sûr qu’ils puissent y parvenir.
Le chef de la diplomatie allemande a demandé au Liban de se résigner car, selon lui, il n’est pas en position d’exiger des modifications au projet franco-américain. Signe qu’un accord n’est pas évident, en dépit des déclarations du ministre allemand, la Russie a appelé à l’adoption «d’urgence» d’une résolution plus courte pour un «cessez-le-feu humanitaire» au Liban si les divergences perdurent sur le projet de résolution actuel, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Par M. Saâdoune - Quotidien Oran
|