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Actualité

 

Liban - Nasrallah :nous sommes «prêts»

 

Au 29ème jour de la guerre, alors que les efforts diplomatiques piétinent et qu’Israël décide d’étendre sa guerre d’agression, Hassan Nasrallah est à nouveau intervenu sur la chaîne Al-Manar pour affirmer que la résistance tient encore et pour appeler le gouvernement libanais à ne pas céder aux pressions américaines.

Le chef du Hezbollah a confirmé son soutien au plan en 7 points du gouvernement ainsi que sa proposition de faire déployer 15.000 soldats. C’est un appui total qu’il apporte au gouvernement libanais dont il attend qu’il reste ferme face aux pressions américaines. En termes clairs, ce soutien signifie que pour la résistance islamique, le plan en sept points constitue un minimum national autour duquel les Libanais sont appelés à maintenir leur unité.

La décision annoncée par le gouvernement israélien d’étendre l’offensive militaire terrestre contre le Liban n’impressionne guère Hassan Nasrallah qui y voit une «guerre psychologique» destinée à faire plier le gouvernement. Il a observé que les combats se déroulaient toujours sur la bande frontalière et que l’armée israélienne était constamment harcelée par les combattants.

Rappelant que les résistants ne mènent pas un combat sur la base de la géographie, Nasrallah a indiqué que les Israéliens peuvent parvenir jusqu’au fleuve Litani mais qu’ils en paieront un prix très élevé. Il a également mis en avant la lâcheté des Israéliens qui s’attaquent aux civils car ils n’ont pas pu vaincre la résistance sur le terrain.

Mais le message politique est destiné à conforter le gouvernement libanais dans sa bataille diplomatique pour arracher une résolution qui tient compte des intérêts libanais.

Hassan Nasrallah s’est dit favorable au déploiement de l’armée libanaise et a indiqué que si dans le passé il avait quelques réserves sur cette question, c’était par crainte pour l’armée nationale et non parce qu’il doutait de son patriotisme.

Le souci majeur de Nasrallah qui a été exprimé, comme à chaque fois, dans un discours posé, équilibré, sans emphase, est de veiller à l’unité des Libanais et d’empêcher l’apparition de dissensions qui sont, selon lui, l’objectif évident des Israéliens et des Américains.

Le chef de la résistance islamique libanais a adressé également un message aux Arabes de Haïfa, en disant sa peine pour les pertes qu’ils ont subies du fait des tirs du Hezbollah et les a incités à quitter la ville. «Quittez Haïfa car votre présence nous fait hésiter à cibler la ville alors que les profondeurs du Liban et la banlieue sud sont durement frappées», a-t-il demandé aux Arabes de Haïfa.

Cette intervention de Hassan Nasrallah alors que les combats continuent de faire rage au Sud Liban et qu’Israël poursuit ses attaques contre les civils est destinée à conforter le gouvernement libanais et l’inciter à s’en tenir au plan en sept points.

Le chef du gouvernement libanais qui a reçu, hier, le sous-secrétaire d’Etat américain David Welch, a indiqué que les choses n’ont pas avancé. David Welch, dont la visite a été qualifiée par Nasrallah de tentative de «terroriser» le gouvernement libanais, a rencontré également le président du parlement libanais Nabih Berri qui est chargé officieusement d’exprimer les vues du Hezbollah. Cette visite a été qualifiée «d’échec» par les médias libanais.

La proposition libanaise et le soutien qui lui a été accordé par la Ligue arabe et, désormais ouvertement, par le Hezbollah, a provoqué une fissure dans le couple franco-américain. Les Etats-Unis continuaient à vouloir imposer les vues d’Israël et n’entendent pas tenir compte des objections libanaises.

La France qui a salué comme «un fait politique» majeur l’annonce par le gouvernement libanais du déploiement de 15.000 soldats sur la zone frontalière pourrait désormais faire cavalier seul et présenter son propre projet de résolution au Conseil de sécurité.

Les discussions entre les ambassadeurs français et américain à l’Onu, Jean-Marc de La Sablière et John Bolton, n’ont pas abouti. La Russie qui avait déjà recadré sa position en tenant compte des objections libanaises a également soutenu le projet de déploiement de l’armée libanaise.

Alors que la solution diplomatique piétine du fait des obstacles américains, des combats acharnés continuaient à se dérouler dans le Sud. L’armée israélienne continue de s’acharner sur les civils, sans doute dans le but de provoquer des fissures dans le front intérieur. L’objectif n’a pas été atteint jusqu’à présent et le discours ferme et consensuel de Nasrallah le rend encore plus improbable. Les Israéliens veulent encore «30 jours» pour atteindre leurs objectifs. Nous sommes «prêts», a rétorqué hier Nasrallah.

Par M. Saâdoune - Quotidien Oran

 

 

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