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Algérie : «L’axe Alger-Moscou» n’inquiète pas l’Italie

 

Algérie Russie HydrocarburesLa thèse d’un cartel algéro-russe des hydrocarbures, capable d’imposer ses prix au vieux continent, monté en épingle par la presse européenne à la suite de l’accord de coopération gazière signé, il y a une dizaine de jours à Moscou, entre Sonatrach et le géant russe Gazprom a été battue en brèche ce jeudi par le vice-ministre des Affaires étrangères italien, chargé du Moyen-Orient et de la Méditerranée, M. Ugo Intini.

En effet, le diplomate italien, en visite à Alger, a nié, avant-hier devant la presse, en marge de la signature de l’accord bilatéral algéro-italien de remboursement par anticipation de la dette algérienne envers l’Italie, «toute préoccupation des officiels italiens face à l’accord de coopération gazière entre Sonatrach et Gazprom.

«En réalité, il n’y a ni préoccupation ni inquiétude de la part des Italiens», insistait à dire M. Ugo Intini, qui soulignait, selon l’APS, que «ces inquiétudes se lisent seulement dans la presse italienne, qui est très sensible à tout ce qui touche au thème de l’énergie».

Ce haut responsable italien remettait ainsi en cause les propos rapportés par la presse européenne qui attribuait au Premier ministre italien Romano Prodi l’initiative d’une demande officielle d’intervention de la Commission européenne pour barrer la route à ce qu’elle a appelé le cartel algéro-russe des hydrocarbures. A ce propos, M. Ugo Intini ne laissera subsister aucun doute en soulignant qu’il «ne faut pas confondre la position du Gouvernement (italien, ndlr) et les écrits de presse».

«Personnellement, je ne suis pas inquiété», devait encore ajouter le vice-ministre des Affaires étrangères italien, qui effectue une visite de travail de quatre jours en Algérie à l’invitation de M. Abdelkader Messahel, ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines.

En ce sens, il relèvera «le partenariat stratégique» qui lie son pays à la Russie et à l’Algérie, dont il est, faut-il le souligner, très dépendant pour son approvisionnement en gaz.

Cependant, pour ce haut responsable, si l’Italie importe de ces deux pays l’énergie, elle leur exporte du travail. Le diplomate soulignera son propos en expliquant alors que l’objectif de l’Italie est d’exporter du travail et d’importer du gaz. « Et c’est un objectif pour lequel il faut intensifier les rapports économiques et politiques. Et je suis ici pour cela», devait-il insister.

Questionné sur l’inquiétude de la compagnie ENI au sujet de l’accord Sonatrach-Gazprom, le haut responsable dira en substance que le géant énergétique italien «a exprimé son inquiétude de voir se créer dans le futur un cartel du gaz», et de balayer une telle appréhension en affirmant qu’»il se trouve qu’en l’état actuel des choses, il n’y a pas de cartel». Le vice-ministre italien des Affaires étrangères se trouve ainsi en plein accord avec la vision de l’Algérie sur un tel accord.

Par la voix de son ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, l’Algérie a en effet toujours exprimé sa volonté de s’en tenir strictement à ses engagements contractuels avec ses partenaires gaziers, quelles que soient les circonstances, en leur garantissant, au bout de la démarche, un approvisionnement sûr et régulier.

C’est d’ailleurs dans cet esprit que s’inscrit l’accord de coopération énergétique qui a été signé entre Sonatrach et les deux sociétés russes Gazprom et Loukoïl à l’issue de la visite la semaine dernière de Chakib Khelil à Moscou.

Un accord qui couvre plusieurs domaines, notamment l’exploration et le développement des gisements en Algérie, en Russie ou dans d’autres pays, ainsi que la coopération dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL).

A l’issue d’une séance de travail jeudi matin, MM. Messahel et Intini ont appelé, dans une déclaration à la presse, à une coopération qui va au-delà du domaine de l’énergie et qui constituerait un partenariat «dense et diversifié», notamment en matière de PME.

M.Abdelkader Messahel a déclaré de son côté que la visite du vice-ministre italien en Algérie s’inscrit dans le cadre de la «concertation et de la coopération instituées depuis la signature du traité entre les Présidents des deux pays en 2003», qualifiant l’Italie de «partenaire privilégié».

Il a également relevé que l’Algérie et l’Italie ont «des politiques et des sensibilités communes», qu’il a qualifiées de «base plus importante que les relations en matière d’énergie».

Par M. S. Boureni - Quotidien Oran

 

 

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