Divergence dans l’alliance en Algérie
A quelques jours de la date butoir proposée aux terroristes pour déposer leurs armes et bénéficier de la loi sur la charte pour la paix et la réconciliation, les spéculations et les conjectures battent leur plein sur le maintien de cette date, c’est-à-dire le 31 août prochain, ou bien la prolonger et donner une autre chance aux récalcitrants qui demeurent toujours au maquis.
Car, si le gros des groupes armés a épousé la thèse de cette charte, les quelques éléments restants, dont la majorité appartient au GSPC, refusent de descendre des maquis.
C’est justement à cause de ces derniers que l’on spécule sur cette date. Faudrait-il ou non, en signe de bonne volonté, prolonger cette date ou bien tout simplement leur fermer les portes du repentir ?
A ce propos, l’alliance présidentielle, par la voix de son président, Boudjerra Soltani, s’est dit se conformer à la date proposée par la charte en question tout en laissant le soin au président de la République de prendre les mesures nécessaires même au delà de la date en question afin de régler tous les dossiers en suspens.
Cette sortie médiatique n’a pas été du goût des dirigeants FLN qui affirment n’avoir pas été consultés ni être au courant de la teneur du communiqué alors que le RND prétend tout à fait le contraire.
Cette divergence, au sein de l’alliance présidentielle, prouve si besoin est que la question n’a pas été encore tranchée dans les hautes sphères du pouvoir et que le FLN adopte pour l’instant la stratégie du wait and see.
Le MSP et le RND, il faut le rappeler, se sont prononcés séparément contre le prolongement de la date fixée par la charte tandis que leur troisième allié, le FLN en l’occurrence, n’a pas, jusqu’à présent, soufflé mot sur la question sauf que son secrétaire général, M. Belkhadem, dans un récent entretien à un quotidien national, a laissé toute la latitude au président Bouteflika de prendre la décision idoine qui aboutit à une véritable réconciliation nationale. Le parti le plus représentatif à l’APN se démarque ainsi de ses deux alliés.
Le PT, de son côté, et fidèle à sa ligne de conduite, ne voit pas d’un mauvais oeil la prorogation de ce délai comme ce fut le cas pour la loi portant réconciliation nationale.
Il est de même pour Younsi Mohamed, le chef de file des opposants de Abdellah Djaballah qui s’est montré favorable à ladite prorogation dans le souci de pousser le reste des terroristes à déposer leurs armes et permettre ainsi à l’Algérie de recouvrer la paix même si depuis que Bouteflika a pris cette question en main, cette paix est revenue crescendo et le pays commence à reprendre sa place dans le concert des nations.
Si le RCD, le FFS et l’ANR ne se sont pas encore prononcés sur la question, les familles victimes du terrorisme, par l’intermédiaire de Kouadri, affirment que «la plaie est encore ouverte» éludant de faire allusion à un prolongement de la date butoir.
Sur le terrain, un véritable déploiement des forces de sécurité s’est opéré en Kabylie laissant entrevoir une imminente offensive qui donnerait le coup de grâce aux terroristes acculés dans les montagnes. Justement, en réponse à ce déploiement, et dans le but de desserrer l’étau, le GSPC multiplie, ces derniers temps, les actions, certes moins meurtrières que celles du milieu des années 90, mais qui ont, il faut le dire, leur impact sur la population civile.
Selon le ministre de l’Intérieur, presque 200 terroristes qui ont préféré leur réinsertion que d’être traqués indéfiniment par les services de sécurité, ont bénéficié de la loi de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Trois cents autres récalcitrants persistent dans leur entêtement à commettre encore des attentats terroristes mais, selon certains observateurs, leurs jours sont comptés s’ils ne se dépêchent pas à se plier à cette loi qui leur ouvrira les portes du pardon.
Par Zoubir Khélaifia - Quotidien Oran
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