Mourad Medelci : «L’Algérie a besoin d’un nouveau système de planification»
«L’Etat a besoin d’un nouveau système de planification pour assurer la cohérence entre le budget de fonctionnement et le budget d’équipement.
Nous devons donner un contenu plus concret et innovateur à l’acte de planifier.» C’est ce qu’a déclaré hier le ministre des Finances, Mourad Medelci, à l’issue de sa visite à l’Institut supérieur de gestion et de planification (ISGP). Un institut de formation de cadres supérieurs créé en 1984 et placé sous la tutelle du ministère des Finances depuis un mois sur la base d’une décision présidentielle.
Pour l’argentier du pays, la planification reste encore une attente pour les opérateurs économiques en particulier et l’économie nationale de manière générale. «Dans aucun pays libéral, on ne conteste l’utilité de la planification. Au contraire, on la considère comme nécessaire. Les pays émergents qui ont réussi, notamment ceux de l’Asie du Sud-Est, ont eu une vision à moyen et long terme.
Chez nous, nous avons tellement de retard à rattraper et nous avons les ressources pour le faire», a avancé le ministre avant d’expliquer que la planification devrait être fondée sur la réalité, donc sur la base d’un système d’information efficace. «La planification, c’est la mobilisation de toutes les données, a encore noté M. Medelci pour qui l’essentiel est d’éviter les erreurs du passé. Et ce, en comptant par ailleurs sur les expériences des autres pays. «Nous avons besoin de savoir ce qui se passe ailleurs en matière de planification», a-t-il d’ailleurs dit à ce sujet.
Concernant le volet des statistiques, le ministre a annoncé la décision du gouvernement de renforcer les moyens de l’Office national des statistiques (ONS). «Nous devons aller de plus de plus à une saisine plus fine des informations. Pour cela, l’ONS va renforcer ses liens avec les institutions productrices d’informations pour une exploitation statistique, a relevé l’invité de l’ISGP dans le même sillage. Et de parler de la nécessité d’améliorer le système de données pour mieux éclairer les champs et valoriser les ressources.
« Il faut s’organiser de manière très responsable», n’a pas manqué d’exhorter le ministre pour qui un long chemin reste à faire en matière d’intelligence économique.
«S’il faut des moyens, on les mettra à la disposition de l’ISGP», s’est engagé Mourad Medelci devant les cadres de l’institut auxquels il a demandé l’élaboration de nouveaux programmes. Des réunions sont prévues dans les prochains jours avant le démarrage de l’année universitaire.
Ces nouveaux programmes constitueront le point de départ d’une troisième étape pour l’ISGP qui assure actuellement 20 000 heures de formation en comptant sur 144 consultants alors que les besoins potentiels sont de l’ordre de 20 millions d’heures, selon le premier responsable de l’institut.
Par Samira Imadalou - La Tribune
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