Liban - Israël : Une lueur d'espoir au Proche-Orient
La cessation des hostilités au Liban doit être en principe effective à compter de ce matin 14 août. Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan l’a annoncé dans la matinée d’hier après avoir obtenu les consentements au cessez-le-feu immédiat des gouvernements libanais et israélien.
Le Hezbollah a pour sa part fait savoir par la voix de son chef suprême Hassan Nasrallah qu’il se conformera à l’accord réalisé par le secrétaire général de l’ONU et accepté par les autorités libanaises.
Les armes devraient se taire par conséquent à partir de ce matin pour laisser la voie à la mise en oeuvre des dispositions de la résolution 1701. Le danger existe pourtant que l’accord obtenu par Kofi Annan ne soit pas respecté immédiatement au cas où l’armée israélienne persisterait dans la velléité de «nettoyer» le territoire du Sud-Liban des combattants du Hezbollah.
Tel-Aviv pourrait en effet faire cesser les raids aériens sur le Liban, mais se prévaloir de la menace que ferait peser la présence de ces combattants sur les soldats de son armée pour autoriser cette dernière à poursuivre son offensive au Sud-Liban.
Une façon pour Ehud Olmert et son ministre de la Défense Peretz d’atténuer les critiques dont ils font l’objet de la part d’une partie de la classe politique israélienne - la droite avec à sa tête le Likoud - qui qualifie de «honteux» l’accord de cessez-le-feu accepté par leur gouvernement.
Hassan Nasrallah tout en qualifiant «d’injuste» la résolution onusienne et exprimé des réserves sur ses non-dits, a toutefois assuré que son parti la respectera et se conformera au cessez-le-feu obtenu par le secrétaire général de l’ONU, à la condition que cesse l’agression israélienne.
L’initiative de Kofi Annan, après le vote par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 1701, autorise néanmoins la lueur d’espoir que les hostilités cesseront rapidement. Urgence qui n’a pu s’imposer qu’après plus de trente jours de destructions et de massacres dont la victime principale est le peuple libanais.
La phase qui va s’ouvrir après l’instauration du cessez-le-feu sera pleine de périls au regard des ambiguïtés que recèle la résolution de l’ONU.
Ambiguïtés qui autoriseront inévitablement des interprétations contradictoires par les parties concernées par sa mise à exécution et la tentation pour les unes et les autres d’en empêcher la réalisation quitte à recourir de nouveau au langage des armes.
Si le cessez-le-feu devient effectif, la «communauté internationale» et ses diplomates n’ont pas vraiment de quoi pavoiser comme ils ont été tentés de le faire après l’adoption de la résolution 1701 par le Conseil de sécurité.
Ce qui s’est passé au Liban avec la complicité ouverte ou tacite de certains membres de cette «communauté internationale» est une honte pour l’humanité, car cela a été un crime froidement médité et admis par eux sous le couvert que l’agression israélienne qui a permis de le perpétrer a été légitime dans sa cause.
Rien ni personne ne convaincra pourtant que cette agression visait autre chose que d’imposer la loi du plus fort et de préparer le terrain à un nouvel ordre régional dont les contours et la philosophe recoupent des intérêts stratégiques.
Par Kharroubi Habib - Quotidien Oran
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