Des options pour le développement en Algérie
Le ministre de l’Industrie, Mahmoud Khedri, a expliqué que «l’orientation des investissements vers les Hauts Plateaux est un choix stratégique du gouvernement». Encore une option stratégique pour l’Algérie qui en a tellement mais dont peu ont vu leur concrétisation sur le terrain.
Après le tourisme et l’après-pétrole, le développement des Hauts Plateaux revient. Une option «stratégique» annoncée par tous les ministres de la République depuis l’indépendance. La volonté politique ne semble pas être suivie d’effet mis à part les cas originaux de Sétif et de Bordj Bou Arréridj. Les investisseurs préfèrent les villes côtières et particulièrement Alger.
Les raisons sont simples et évidentes. Les investisseurs étudient l’importance des marchés, des infrastructures de transport, la proximité avec les centres de décision et des possibilités de logements pour leurs employés. Les statistiques du CNRC sont claires. Les chiffres des impôts le sont autant. L’option des Hauts Plateaux a trop tardé à être mise en œuvre.
La réalisation de l’autoroute Est-Ouest peine à démarrer. Les investisseurs ne pourront s’intéresser à cette bande que lorsque les infrastructures de transport seront réalisées et que l’aménagement du territoire sera équilibré. Alger, capitale administrative et économique, continuera d’attirer les investisseurs en raison de la lourdeur dans la prise de décisions et de l’absence de décentralisation.
Le retour à la concentration des pouvoirs ne peut aller de pair avec les discours sur la décentralisation. Les investisseurs ont déjà beaucoup de mal à réaliser leurs projets malgré les dispositions légales.
La privatisation patine en raison des difficultés pour un investisseur de faire revivre un outil de production moribond et de la durée que mettent les différents organes concernés pour se réunir et prendre une décision.
Développer les Hauts Plateaux ne sera pas chose aisée en raison de la concurrence à l’intérieur du territoire et de celle imposée par la mondialisation. Les discours de nos dirigeants vont plus vers la «sortie» du carnet de chèques sans pointer les difficultés rencontrées par les responsables de l’administration locale.
Beaucoup d’options ont été proposées pour le centre de l’Algérie. Certaines sont sûrement excellentes. Cependant, le temps n’est pas le meilleur allié de ceux qui ont la charge de les réaliser. Les retards s’accumulent et coûtent bien plus que les millions de dinars de dotation budgétaire.
30 années de tâtonnements et 15 années de terrorisme ont bloqué le développement et les initiatives. Les discours en lieu et place du travail font le reste. Le développement des Hauts Plateaux dépendra aussi de la capacité à débureaucratiser l’administration algérienne.
Par Amine Echikr - La Tribune
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