Algérie : Nouvelle menace à l’université
Malgré la suspension de la grève des enseignants du supérieur au mois de juillet dernier, la rentrée universitaire risque d’être compromise encore une fois. La menace de la grève plane toujours. Les enseignants universitaires affichent un mécontentement quant aux engagements et promesses « non tenues » du ministère de l’Enseignement supérieur.
C’est la situation de «statu quo» et rien n’a été concrétisé jusqu’à présent selon la coordination nationale des sections CNES qui a tenu une réunion entre le 14 et le 15 juillet à Béjaïa pour discuter des éventuelles actions à entreprendre dans le cas où la tutelle campe sur la même position.
Le maintien du contrôle judiciaire pour les deux coordinateurs régionaux du Centre et de l’Est et le délégué de la section de Béjaïa, la convocation de sept enseignants par les services de sécurité suite à une plainte déposée par le recteur de l’université de la capitale des Hamadite, les menaces de licenciement du recteur de l’ENS de Bouzaréah, le non-payement des salaires du mois de juin et juillet et du congé annuel, annulation des stages et des bourses annuelles sont les points évoqués par les différentes sections lors de cette réunion.
La coordination nationale estime qu’il est «difficile d’entrevoir une issue au conflit social et à la crise actuelle de l’université algérienne» sachant, selon l’évaluation de la coordination, que la rentrée universitaire de septembre 2006 compte déjà 240.000 étudiants bloqués et qui n’ont pas passé leurs contrôles, 220.000 nouveaux bacheliers en attente d’intégration sans oublier la non-validation de l’année pédagogique 2005/2006.
Concernant la plate-forme de revendications, les enseignants grévistes estiment que «les réponses apportées jusque-là notamment en ce qui concerne l’augmentation de salaire accordée en juin ainsi que celle de la prime de rendement, le statut particulier, le décret sur les logements sont nettement en deçà des attentes de la corporation».
Craignant de voir la situation s’aggraver au mois de septembre, la coordination nationale des sections CNES interpelle la tutelle et les pouvoirs publics et exprime sa disponibilité à l’ouverture de «véritables négociations» entre le MESRS et les représentants des enseignants grévistes.
Par B. Mokhtaria - Quotidien Oran
|