Algérie : Le doukhoul c’est quand ?
Qui sait ? Qui y pense ? Personne. Tout le monde est à la plage, ou plus simplement sous le soleil. Dans les cafés sirotant un thé. Les places aussi sont bondées. Entre les pastèques, les melons tentent de se frayer un chemin. Mais c’est compter sans les grosses légumes qui hantent les marchés.
Pourtant, dès la rentrée, nos habitudes vont radicalement changer. On doit être de la famille des lézards. On s’adapte non pas aux saisons mais aux événements. Les dépenses pour les mariages, pour les vacances ont pris tout le budget et juste avant la rentrée, des familles entières s’endetteront pour les dépenses habituelles de la rentrée scolaire.
L’Algérien n’a jamais été planificateur. Il vit au jour le jour. Peut-il faire autrement ? Avec son sal-air et la pollution des prix, il étouffe. C’est l’asphyxie. El-ghomma.
Par exemple, un mariage ne commence à se préparer qu’à quelques jours de la fête. Toute la famille est sur le pied de guerre. On doit trouver les fonds. Toucher le fond pour y arriver. On crée des alliances locales et délocalisées. Qui n’a pas un ami, un cousin, une connaissance, un aperçu de l’existence de quelqu’un vivant à l’étranger avec euroïsme ? C’est la solution. Activer l’ensemble du réseau pour boucler el-fichta dans les meilleures conditions. Même lorsqu’on n’est pas l’acteur principal mais la guest star, on doit aussi dépenser.
Dépenser, c’est drôle, dans ce mot il y a penser. Est-ce le contraire de penser lorsqu’on ajoute le «dé» avant ? Un dé comme dans le jeu de hasard. Mais là, ce n’est pas de la roue de la fortune dont on cause. C’est l’infortune. On se marie, on verra après. La maison, la voiture... Rabbi ijib... demain il fera jour.
Barkana ya ness ! Rappelez-vous la cigale qui a chanté tout l’été et, arrivé l’hiver, oualou. Vous me direz heureusement qu’il y a les fourmis, on pourra toujours s’arranger.
Par El-Guellil - Quotidien Oran
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