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Actualité

 

Algérie : Des armes de guerre pour la mauvaise armée

 

On ne le dira jamais assez: quand les institutions de la République algérienne commencèrent à partir dans tous les sens face au raz de marée de l’islamisme armé, la colonne vertébrale du pays restait debout. Evidemment, nous parlons de l’Armée Nationale Populaire algérienne.

En ce sens qu’on ne saurait faire l’impasse sur l’esprit de corps de nos officiers et de nos djounoud face à une adversité de toutes les incertitudes. Un manière pour nous de tordre le cou aux supputations malsaines d’une certaine presse marocaine qui est allée vite en besogne, lorgnant du côté de son voisin algérien, quand elle réalisa que la gangrène a fait son oeuvre dans l’armée royale.

Qu’on se le dise une fois pour toutes: nous n’avons pas les mêmes valeurs. Et à propos justement de valeurs, la grande muette fait assurément la différence entre deux pays qui avaient pourtant tout à partager. Ce n’est pas par cynisme, à la limite par coquetterie intellectuelle, mais indéniablement par souci de devoir de mémoire qu’on rappelle certaines «petites choses» pas bonnes à dire au Maroc, surtout aujourd’hui.

Quand l’Algérie faisait face au terrorisme sanglant, les bien-pensants du royaume alaouite ne se dispensèrent pas de jouer aux fins théoriciens pour juger l’expérience tragique vécue par le peuple algérien assez séduisante et surtout instructive pour la suite des débats sur l’éventualité d’une prise de pouvoir par les islamistes.

C’était le temps où les «chaumières royales» touchaient du bois, se gargarisaient des histoires croustillantes version «qui tue qui» en faisant mine de regarder ailleurs quand de véritables filières d’armes meurtrières s’organisaient vers les maquis algériens à partir du territoire chérifien.

La DST (Direction de la surveillance du territoire) marocaine a misé assurément sur le mauvais cheval quand, au lendemain des attentats de Marrakech, elle s’est empressée de trouver dans les services de l’armée algérienne le coupable. Tout compte fait, elle s’est tout simplement trompée d’armée, obligée qu’elle est aujourd’hui de s’installer au chevet des forces royales pour faire carrément dans la chirurgie de «boucher».

Les services de sécurité marocains, apprend-on, sont à la recherche d’un impressionnant arsenal de guerre qui se balade dans la nature. Au royaume, c’est un secret de Polichinelle que de dire qu’il a été volé dans les casernes avec des complicités à un haut niveau hiérarchique.

Qu’il constitue une véritable épée de Damoclès. Fait singulier au Maroc: on décapite à tour de bras les képis, on avoue du bout des lèvres que le régime alaouite est victime de sa propre armée, on ose à peine parler d’une véritable menace islamiste, mais on crie haut est fort au «péril extérieur».

Avouons qu’un tel subterfuge ne fait plus recette. D’autant mieux qu’il a été usé jusqu’à la corde et mêlé à toutes les sauces.

Par Mohamed Salah Boureni - Quotidien Oran

 

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