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Actualité

 

L'optimisme du MEDEF en Algérie

 

Le tumulte provoqué par la loi du 23 février 2005 avait amené les observateurs de la relation franco-algérienne à envisager toutes les hypothèses.

Y compris, scénario catastrophe, une rupture ou, à tout le moins, une régression de la relation économique et commerciale. Longtemps, cette appréhension avait fait son chemin dans les milieux français, amplifiée par le gel diplomatique et la polémique suscitée, en France, par l’hospitalisation du Président Bouteflika.

La présidente du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) a été la première à dire qu’elle ne croyait pas à cette projection. C’était début mai, à la veille de son voyage à Alger à la tête d’une mission d’hommes d’affaires et de chefs d’entreprises de l’Hexagone. Elle vient de le réaffirmer dans un entretien à la revue du MEDEF/Ile-de-France.

Laurence Parisot a établi une ligne de démarcation entre les champs politique et économique, affirmant que les périodiques poussées de fièvre du premier ne risquent pas d’avorter les projets du second.

«Les aléas des relations politiques et diplomatiques entre Paris et Alger n’ont pas influencé les relations économiques et commerciales», note la patronne des patrons français. En dépit de la panne politique qui a marqué l’année 2005 et le premier semestre 2006, celles-ci restent «vigoureuses, structurelles et empreintes d’un climat de confiance».

En 2005, Paris a consolidé sa position de premier partenaire économique d’Alger. La balance commerciale bilatérale a continué à peser de manière substantielle, loin devant celles des autres partenaires traditionnels de l’Algérie. Dans le même temps, à l’abri des joutes diplomatiques, les opérateurs des deux rives ont multiplié les contacts et les visites croisées.

Illustration s’il en est, selon le MEDEF, que les hommes politiques et la communauté d’affaires cheminent selon des logiques différentes. «Le temps des politiques n’est pas celui des entreprises», fait remarquer Laurence Parisot dont l’organisation annonce, pour l’automne, de nouvelles missions en Algérie.

«Loin des petites phrases politiques», allusion aux attaques acerbes lancées de part et d’autre de la Méditerranée, «il y a les réalités économiques qui, elles, se construisent sur la durée».

Première dame à présider aux destinées de l’organisation patronale française, Laurence Parisot est également la première à avoir conduit ès qualités une mission en Algérie. Avant son voyage du printemps, les délégations du MEDEF étaient présidées par le président du MEDEF-International ou le président du Comité France-Algérie.

A la question de savoir si la France serait en perte d’influence sur le marché algérien à la suite de l’attribution de certains gros contrats à des entreprises non hexagonales, la patronne du MEDEF s’est gardée de faire sienne cette conclusion. Pour elle, la France, au travers de ses 200 entreprises, reste plus que jamais très impliquée dans le marché algérien.

Pour autant, elle est loin d’évoluer en terrain conquis.

«Aujourd’hui, c’est vrai, le monde entier regarde l’Algérie», pays où, «comme ailleurs, la concurrence est présente». Les entreprises françaises, estime la présidente du MEDEF, «doivent prendre la mesure de cette nouvelle donne. Nous aimons être stimulés et nous prenons cela comme un défi tout à fait positif à relever».

Par Sarah Raouf - Quotidien Oran

 

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