Algérie : Bloqués 48 heures sur l’île de Rachgoun
Coincées sur l’île de Rachgoun (à moins d’un mile au nord de Béni-Saf), en raison du mauvais temps, une vingtaine de personnes ont dû prendre leur mal en patience pour voir arriver les secouristes 48 heures plus tard et retrouver les leurs, apprend-on de source bien informée.
Partis en effet, lundi, en petits groupes indépendants les uns des autres, à bord d’embarcations louées pour visiter ou plutôt découvrir cette île au passé historique, des estivants ont été piégés par une météo imprévisible sur cet ancien poste de commandement de Scipion, le roi maure, l’ennemi juré de Syphax roi de Siga.
Alors qu’ils attendaient, en fin de journée, sur l’ancien quai romain, l’arrivée de leurs transporteurs pour les récupérer, un vent d’ouest, «el-gherbi», se leva presque soudainement. Ils comprirent que personne n’oserait venir à eux. Les appels des téléphones portables pour annoncer le début de leur calvaire fusaient dans tous les sens. De l’autre côté, les familles promettaient que tout rentrerait dans l’ordre une fois que les vents tomberont tout en appelant les leurs au calme.
Tous ces visiteurs d’un jour (des hommes exclusivement) se mirent à escalader la pente pour revenir sur l’île et attendre que les vents se calment. Tous les moyens étaient bons pour commencer une nuit et une aventure que personne ne se doutait qu’elle allait être, malheureusement, plutôt plus longue que prévue. Car les vents d’ouest sont toujours persistants.
Puis, au fur et à mesure que le temps passait, l’impatience gagnait le groupe. On partageait la rare bouffe qui était restée comme on pouvait, l’eau aussi mais pas les agitations.
Fort heureusement, les gardiens du phare étaient là pour prodiguer quelques conseils et faire quelque chose pour eux.
De l’autre côté, aucun des transporteurs n’osa s’aventurer. Les proches attendaient impatiemment le retour à la normale de la mer et continuaient à parler à leurs proches sur le portable. Informés de la situation, les services de la gendarmerie nationale de Béni-Saf informèrent à leur tour ceux des gardes-côtes.
C’était le mercredi soir, nous dit-on. Les gardes-côtes partirent aussitôt sur les lieux pour secourir les aventuriers. L’opération de récupération à bord du navire se déroula sans problème et le retour sur la terre ferme aussi. Bien qu’affectées physiquement, toutes les personnes bloquées étaient saines et sauves.
«Un jour de plus et ça aurait été très pénible pour nous», nous dira A.A. qu’on a rencontré dans son quartier. «On savait qu’ils ne risquaient pas grand-chose, mais on avait cependant peur pour eux», ajoute le frère de celui-ci. L’on a appris qu’une course vers l’île de Rachgoun coûte entre 800 et 1.500 dinars. Selon certains habitués, de nombreuses embarcations assurant le trajet ne disposent pas de gilets de sauvetage par exemple.
L’on apprend aussi que 15 jours auparavant et dans les mêmes circonstances, un autre groupe de personnes avait vécu le même calvaire. «J’aurai toujours quelque chose à raconter à mes enfants», avait déclaré le désormais ex-célibataire (le marié). Une enquête a été ouverte par les services des gardes-côtes, nous dit-on encore.
Par Mohamed Bensafi - Quotidien Oran
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