Les non-voyants veulent être impliqués dans les négociations en Algérie
Les salariés non voyants ne veulent pas être laissés en marge des négociations actuellement en cours entre l’UGTA et le gouvernement. Ils revendiquent, eux aussi, la prise en charge de leurs revendications socioprofessionnelles à travers la mise en place «d’instruments pouvant mettre leur entreprise à l’abri de la moindre perturbation».
Pour eux, les négociations autour des conventions de branches doivent inclure, également, les entreprises qui relèvent du domaine de l’insertion sociale et professionnelle, d’autant, soutiennent-ils, qu’«une grande partie de ces structures revêtent un caractère d’entreprise publique industrielle et commerciale (EPIC)».
Les travailleurs non voyants de l’ex-ONABROS, actuellement EPIC, tirent la sonnette d’alarme et lancent un appel pour une «intervention urgente des pouvoirs publics» afin «d’éviter à notre entreprise de s’installer dans une situation de crise».
Ainsi, dans une lettre adressée au premier magistrat du pays, M. Bouassem, le secrétaire général du syndicat de l’établissement public d’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées indique que «l’Etat débourse environ 18 milliards de centimes pour le paiement des salaires, mais malheureusement, c’est insuffisant».
Cette insuffisance est expliquée par le secrétaire général du syndicat des non-voyants «par la très mauvaise gestion ainsi que les opérations douteuses engagées par les responsables en charge de la gestion». Les représentants des salariés évoquent notamment la «non-consultation des syndicalistes dans la prise de décision engageant le devenir de l’entreprise et des milliers de travailleurs».
Les représentants des travailleurs et en guise d’argument, citent l’absence d’organe de gestion au sein de l’entreprise tel que «le conseil d’administration ce qui est contraire à la loi portant gestion de l’entreprise». Une situation ajoute-t-on, «qui dure depuis 1998 à ce jour, sans compter le fait que l’entreprise ne dispose pas de directeur général de façon permanente».
Le rédacteur de la lettre indique que «nous avons frappé à toutes les portes y compris celle du ministre de la Solidarité et de l’Emploi en sa qualité du ministre de tutelle. Mais en vain, aucune suite favorable n’a été donnée à notre doléance, d’où notre recours au président de la République en sa qualité du premier magistrat du pays.
Comme nous avons saisi, également, le secrétaire général de l’UGTA pour intervenir auprès des autorités concernées pour tenter de débloquer la situation», a indiqué M. Bouassem.
Selon une source proche du secrétariat national de l’UGTA, le dossier relatif à l’ex-ONABROS sera évoqué par le secrétaire général de la centrale syndicale, à l’occasion de l’entrevue qu’il aura avec le chef du gouvernement, la semaine prochaine.
Ainsi, un tête à tête entre Sidi Saïd et Belkhadem devrait intervenir dans les prochains jours, soit avant une autre réunion d’évaluation définitive des négociations en cours entre SGP et fédérations de l’UGTA sur les conventions de branche, prévue dès la première semaine du mois prochain.
L’entrevue de cette deuxième quinzaine d’août aura pour ordre du jour de «situer les blocages jusque-là signalés au niveau des groupes de négociations entre les représentants des travailleurs et les responsables des SGP et par voie de conséquence procéder à leur règlement avant la remise des rapports aux experts des deux parties».
Par Fayçal L. - Quotidien Oran
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