Algérie : Un nouveau directeur pour le Centre d’études et de recherche sur le terrorisme
Le nouveau directeur du Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme (CAERT), l’ambassadeur Boubaccar Gaoussou, a été officiellement installé mercredi.
Avant d’être nommé a la tête du CAERT, M. Gaoussou a occupé le poste de ministre de la Justice et de ministre de la Fonction publique du Mali ainsi que les fonctions de secrétaire général de la Présidence malienne. Le dernier poste qu’il a occupé était celui d’ambassadeur du Mali en Tunisie.
La cérémonie d’installation, présidée par le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), l’ambassadeur Saïd Djinnit, s’est déroulée en présence de M. Rezzag Barra, conseiller auprès du président de la République, du secrétaire général par intérim du ministère des Affaires étrangères, M. Madjid Bouguerra, ainsi que du corps diplomatique accrédité à Alger.
L’engagement des hautes autorités algériennes dans la réalisation du CAERT, et les efforts consentis durant la période d’intérim assurée par l’Algérie, a été hautement salué par M. Saïd Djinnit.
Lors de son intervention, le commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA a tenu aussi à rendre un vibrant hommage au directeur sortant, l’ambassadeur Abdelhamid Boubazine, et l’équipe des cadres algériens pour le travail accompli depuis l’inauguration de ce centre en octobre 2004.
M. Djinnit a exhorté le nouveau directeur à tout mettre en oeuvre pour relever les nombreux défis que confronte le CAERT et amener ce dernier à jouer son rôle en tant que centre d’excellence en l’assurant en même temps du soutien total de la Commission de l’UA dans cette nouvelle phase qui s’ouvre devant le CAERT.
M.Gaoussou pourra aussi compter sur l’appui et le soutien des autorités algériennes. C’est ce que lui a signifié M. Bouguerra, lors de son intervention. M. Bouguerra, tout en rendant hommage au directeur sortant, a rappelé les actions et les initiatives de l’Afrique dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, notamment l’adoption de la Convention de l’OUA sur la prévention et la lutte contre le terrorisme, lors du Sommet d’Alger, en 1999.
Fondée sur un double partenariat, interafricain et international, l’action du CAERT vise à conjuguer les efforts des Etats africains avec ceux de la communauté internationale, dans la lutte contre le terrorisme transnational. La création du CAERT, par l’Union africaine, vise à la fois la mise en oeuvre d’actions concrètes, urgentes et collectives, et la centralisation des études et des informations sur le terrorisme.
Le CAERT a aussi pour objectif l’échange d’informations sur les mouvements des groupes terroristes, l’assistance judiciaire mutuelle et l’échange d’études et d’expertises. Le Centre, pour lequel l’UA a débloqué une enveloppe de 3 millions de dollars, développe également des programmes de formations dans divers domaines de lutte contre le terrorisme.
La nécessité de créer cette structure stratégique s’est imposée de fait, après le constat établi sur le terrain, notamment la prolifération des groupes terroristes dans des zones jusque-là épargnées, essentiellement dans la région du Sahel, et qui constituent une menace permanente pour l’ensemble des pays de la région.
Faire face à ce nouveau défi, nécessite une riposte collective à la fois des pays membres de l’Union africaine et des Etats-Unis, qui partagent les mêmes préoccupations en matière de sécurité.
Le CAERT détient 53 points focaux (institution choisie par chaque pays pour le représenter devant le Centre) qui lui sont tous reliés.
Parmi ses premières actions, le CAERT a eu à co-organiser le séminaire d’Alger sur la promotion de la coopération transsaharienne en matière de lutte contre le terrorisme. Ont pris part à ce séminaire une soixantaine de responsables militaires et civils représentant huit pays du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest.
Par D. Belaifa - Quotidien Oran
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