Algérie : Les fosses
Ils ont fait de nous ce qu’ils ont bien voulu. Pourtant, c’est nous qui les avons faits. Nous, ceux qui votent, et les autres qui se taisent.
J’ai l’impression, depuis des années, d’être devenu une marionnette. Oui, je dis bien des années. Des années à courir derrière la carotte, des années qu’un groupe d’individus se relaient à la recherche de toutes astuces et entourloupettes et les meilleures manières d’abrutir les gens.
Et ces gens-là, nous autres, dans les journaux, on nous appelle « la rue ». « La rue » c’est aussi l’Algérie profonde, celle des fosses, l’Algérie septique quoi... Il y aurait donc, face à cette Algérie profonde, une Algérie superficielle.
L’Algérien profond, celui des fosses, pas le superficiel, préfère un langage clair et honnête plutôt qu’un discours fleuri en langue de bois même si les mots employés semblent être tirés du parler populaire.
L’Algérien profond, celui des fosses, pas le superficiel, ne voudrait pas d’un Etat providence duquel il faudrait tout attendre, simplement parce qu’il n’entend pas être manipulé comme une marionnette.
Il accepterait, d’un cœur léger, de changer ses « sales » habitudes, de mettre un frein à son égoïsme, de donner le coup de collier nécessaire quoi qu’il lui en coûte, s’il avait la certitude de faire équipe, de marcher dans le bon sens (preuves à l’appui), main dans la main avec un gouvernement élu par une nation, au service d’une nation, et non pas de faire partie d’un « peuple « au service d’un gouvernement, un « peuple « trop bête, pas assez cultivé, pour savoir ce qui est bon pour lui.
L’Algérien profond, celui des fosses, pas le superficiel, est prêt à mourir pour son pays et envoyer ses enfants le faire, à condition de voir tous les enfants au front, sans distinction.
Par EL-Guellil. - Quotidien Oran
|