Le jeu de la guerre
Les temps sont durs pour Olmert et son gouvernement. La débâcle subie au Liban ne peut rester sans conséquences pour ce Premier ministre par intérim qui a voulu asseoir sa légitimité sur une agression aveugle d’un petit pays voisin désarmé et pacifiste et qui a dû ravaler ses mauvaises prétentions et calmer ses folles ambitions.
Les marches entreprises par la société civile israélienne contre la politique de leur chef du gouvernement n’en sont qu’à leur début que déjà, et pour détourner l’attention, Olmert se réfugie derrière le subterfuge de ce qu’il appelle un «changement de priorité» en inscrivant comme préoccupation première «la reconstruction du nord d’Israël», comme si cette reconstruction ne relevait pas de la simple décision administrative.
Parce qu’on ne substitue pas une décision administrative à une politique du gouvernement, l’annonce du changement de priorité par Olmert est, en réalité, le signe incontestable de l’échec de sa politique.
L’avenir politique immédiat de Kadima semble grandement affecté par la crise qui commence à secouer la scène politique israélienne. Des intellectuels et des journalistes israéliens expriment ouvertement leur désaccord avec la démarche de leur gouvernement et appellent déjà à la démission d’Olmert, de Peretz et du chef d’état-major de l’armée de Tsahal.
Côté américain, la défaite d’Israël est mal digérée par un Bush qui s’obstine à ne vouloir montrer au monde que ce qu’il croit voir. Mépris des hommes ou perte de la notion de la réalité, pour la Maison-Blanche, Tsahal a bel et bien remporté la guerre contre le Hezbollah et il faut du temps à l’humanité pour comprendre cela !
Côté palestinien, la leçon la plus importante qui mérite d’être tirée, selon Hanane El-Achraoui, c’est d’apprendre à être unis comme les Libanais et à faire face ensemble, au-delà des divergences politiciennes, à l’occupant sioniste.
En attendant que chacun prenne les mesures de sa propre réalité, le ministre israélien de la Justice, coupable d’un méprisable et honteux harcèlement sexuel, a, semble-t-il, pris les siennes et donné sa démission, alors que les Saoudiens, ébahis par la capacité des avions de guerre israéliens à bombarder des villes sans défense et des civils innocents, ont décidé de s’offrir, pour 11 milliards de dollars, 72 appareils britanniques du type «Typhon». De quoi jouer à la guerre si elle veut. Mais avec qui ? Et surtout, contre qui ?
Par A. H. - Quotidien Oran
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