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Actualité

 

Algérie : La gendarmerie fait évacuer des locaux squattés à Oran

 

La situation a failli dégénérer hier, lorsque les forces anti-émeutes de la gendarmerie nationale sont intervenues pour déloger les familles qui squattent illicitement une vingtaine de locaux commerciaux de l’OPGI à Haï El-Yasmine, à Oran.

Les éléments de la gendarmerie, qui ont opéré tôt dans la matinée d’hier, ont été accueillis par des jets de pierres et ont dû recourir à l’usage de bombes lacrymogènes pour disperser la foule de protestataires et vider ainsi les locaux. Une vingtaine de camions des APC d’Oran et de Bir El-Djir, ainsi que des agents des deux communes ont été mobilisés pour transporter les effets et autres meubles des familles évacuées.

Sur les lieux, la présence des responsables locaux était très perceptible. Aux côtés des responsables de la wilaya d’Oran, l’on remarquera la présence du chef de daïra de Aïn El-Turck, qui assure l’intérim du chef de daïra d’Oran, les représentants des APC de Bir El-Djir et d’Oran, ainsi que des responsables de l’OPGI.

Hormis deux ou trois familles qui ont préféré embarquer leurs effets et quitter les lieux, le reste des familles ont décidé de rester sur place aux côtés d’autres familles (presque une centaine) qui ont érigé des habitations de fortune aux abords de la cité. Tout autour du site squatté, un important dispositif de sécurité était maintenu jusque tard dans l’après-midi.

Selon le chef de daïra de Aïn El-Turck, «il s’agit d’une occupation illicite de locaux de l’OPGI, ce qui a nécessité l’intervention de la force publique pour les déloger». Notre interlocuteur signale, en outre, que «si ces familles ont présenté des recours, il doivent attendre les résultats de la commission de recours. Et s’il s’avère qu’il y a des familles qui ont été lésées, elles seront rétablies dans leurs droits».

Alors qu’une vive tension régnait toujours sur place, les services de l’OPGI s’affairaient à placer des rideaux métalliques sur les devantures de l’ensemble des locaux vidés pour éviter un éventuel squat, sous l’œil vigilant des éléments de la gendarmerie nationale. Quant aux familles, elles demeurent toujours sur place, ignorant tout de leur devenir.

Certaines sont toujours sous leurs tentes de fortune et d’autres restent assises à même le sol devant leurs effets empaquetés. «Personne n’a voulu nous donner d’explication sur notre cas», affirme une vieille femme qui venait d’être délogée. La majeure partie des familles que nous avons approchées affirment avoir déposé des recours mais qu’elles n’ont toujours pas eu de réponse.

Nos interlocuteurs indiquent que les familles qui ont été contraintes d’ériger des habitations de fortune ont été évacuées vers Haï El-Yasmine lors de l’opération de relogement des 800 familles du quartier des Planteurs. Il s’agit, selon les mêmes interlocuteurs, de familles dont les noms ne figurent pas sur la liste des 790 bénéficiaires.

Les mêmes familles soulignent qu’elles avaient adressé, il y a une dizaine de jours, une lettre ouverte à qui de droit, accompagnée d’une pétition signée par plus d’une soixantaine de citoyens, dans laquelle elles «crient à l’injustice» et interpellent les autorités, et à leur tête le président de la République, pour se pencher davantage sur leur problème et régler leur situation.

«Apres l’éradication de nos habitations, nous étions contraints de quitter les lieux, mais une fois à Haï El-Yasmine, nous nous sommes retrouvés à la rue sans aucune prise en charge», affirme un quinquagénaire.

Ce dernier souligne que des familles actuellement à la rue n’ont pas eu de logement bien qu’elles habitaient au niveau du quartier des Planteurs depuis plusieurs années. D’autres soulèvent le cas des familles composées de plus de 10 membres, mais qui finalement n’ont bénéficié que d’un logement de type F3, tout comme le cas des personnes qui se sont mariées après le recensement de 2003. «Nous avons été lésés et personne ne semble s’inquiéter de notre cas», dit une femme en colère.

En début d’après-midi, et une fois les locaux de l’OPGI vidés, les responsables présents, tout comme les camions de la commune, ont quitté les lieux, laissant sur place familles et paquetages. Tout autour du site, le cordon sécuritaire était toujours maintenu pour permettre aux agents de l’OPGI de terminer l’installation des rideaux. Le long face-à-face entre gendarmes et familles en colère se poursuivait toujours.

Pour rappel, 790 familles de Haï Sanawbar (ex-Planteurs), dont les maisons sont situées en contrebas de la ligne du téléphérique d’Oran, ont été déménagées, la semaine dernière, vers leurs nouvelles habitations sises à Haï El-Yasmine. Une deuxième tranche de familles sera relogée très prochainement.

En attendant, l’opération de démolition des habitations des familles déjà relogées se poursuit. Au moins 817 constructions ont été rasées depuis le lancement de l’opération.

Par A. H. - Quotidien Oran

 

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