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Actualité

 

Des zones d’ombre dans la guerre d’Algérie

 

Guerre d'AlgérieLe ministre des Moudjahidine, M. Mohamed Cherif Abbas, a présidé hier les cérémonies officielles de commémoration du 50ème anniversaire du Congrès de la Soummam, organisées dans la commune d’Ouzellaguene (Béjaïa).

M. Cherif Abbas a lu un message du président de la République, dans lequel le chef de l’Etat s’est longuement attardé sur les hauts faits d’armes des valeureux martyrs de la révolution, et de ceux qui ont été à l’origine du déclenchement de la glorieuse guerre de libération.

Considérant la date du 20 août 1956 comme «une date charnière et un moment phare dans l’histoire de notre guerre de libération et du processus de modernisation national de notre peuple», le chef de l’Etat a indiqué que «la nation algérienne tout entière doit aussi être reconnaissante aux concepteurs de la plate-forme de la Soummam qui ont su traduire en mesures concrètes les principes de la déclaration de novembre 1954, générant des synergies qui ont brisé le mur de la terreur coloniale et ouvert la voie à notre entreprise de construction nationale», citant ainsi en exemple Larbi Ben M’hidi et Abane Ramdane.

Rappelant l’engagement total du peuple, le Président a souligné que la victoire a été le résultat d’une lutte engageant notre peuple dans son ensemble et dont l’efficacité a été démultipliée par des trésors d’imagination créatrice, alors même que notre droit à l’existence en tant qu’Etat national ne nous était pas encore reconnu par la communauté internationale.

Tout en soulignant que «notre guerre de libération nationale a été menée par des hommes et des femmes que l’élan libérateur portait le plus souvent à un haut niveau d’élévation morale», le chef de l’Etat rappelle que cette guerre comporte aussi des zones d’ombre à l’instar de tous les processus de transformation violente et rapide des sociétés humaines et qu’il appartient à nos historiens de faire la lumière sur toute cette période avec un souci d’exactitude qui n’oblitère pas l’immense lumière qu’a fait jaillir la Révolution algérienne non seulement pour son propre peuple, mais aussi pour tous les peuples sous domination coloniale et pour l’humanité entière.

Abordant le processus visant à réconcilier les Algériens, dans lequel il s’est engagé au lendemain de son élection à la tête de l’Etat, le président Bouteflika a souligné que la réconciliation nationale concerne toutes celles et tous ceux qui se sont marginalisés ou qui ont été marginalisés du fait des vicissitudes de la vie politique, des maladresses et de l’entêtement de certains. Il réitéra à l’occasion que seuls ceux qui ont trahi la nation ou commis des crimes atroces, voire imprescriptibles, en sont naturellement exclus.

«Depuis le début de mon premier mandat en tant que président de la République, j’oeuvre, dans des conditions certes différentes de celles de nos aînés, mais dans le même esprit, à la réconciliation nationale des forces politiques, culturelles et sociales», a-t-il souligné en se référant à «la fidélité du message du 20 août 1956».

Le chef de l’Etat a en outre affirmé que «les Algériennes et les Algériens doivent savoir que cette réconciliation nationale n’a d’autre objectif que celui d’organiser le consensus national sans lequel aucun régime, fût-il sorti des armes, n’est durablement légitime».

Le président de la République a indiqué que «la fidélité du message du 20 août 1956 impose aux Algériens de défendre comme la prunelle de leurs yeux l’honneur de la nation algérienne et de lutter dans la clarté contre le révisionnisme colonialiste qui s’est emparé d’une partie de la classe politique et des médias français», rappelant que «nous avions cru, à l’instar du regretté Houari Boumediène, que la page était tournée mais non déchirée. Nous avons été mal payés au retour», a-t-il souligné.

Le président de la République a enfin signalé que la fidélité au message du 20 août 1956 nous impose de maintenir vivante la flamme de la solidarité avec les peuples en lutte pour leur indépendance et de ne pas confondre la défense de l’intérêt national avec le repli sur soi égoïste et opportuniste.

«Je sais que l’Algérie profonde saigne des meurtrissures infligées au peuple palestinien et au peuple libanais par une armée israélienne qui a recours aux agissements brutaux, avilissants, dévastateurs et fondamentalement impuissants des guerres de reconquête coloniale.

Je sais que l’Algérie profonde, celle qui n’a oublié ni la nuit coloniale, ni l’ébranlement du 1er novembre 1954, ni l’axe stratégique conçu le 20 août 1956, vibre aux hauts faits d’armes de la résistance du peuple libanais, qui a su redonner sa fierté à l’ensemble du monde arabe», conclut le message du président de la République.

Par D. Belaïfa - Quotidien Oran

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