Bouteflika plaide pour «une Algérie une et indivisible»
«La fidélité au message du 20 Août 1956 impose à toutes les Algériennes et tous les Algériens de faire de l’unité de notre nation une et indivisible l’axe de la reconstruction de notre présent et de l’élaboration de notre avenir.» C’est le message contenu dans la déclaration du président de la République marquant le cinquantième anniversaire du Congrès de la Soummam.
Replaçant l’événement dans son contexte historique, le président de la République n’occultera pas le rôle de Abane Ramdane aussi bien que celui de Larbi Ben M’hidi dans la rédaction de la plate-forme de la Soummam. Rappelant les deux principes posés dans la plate-forme du Congrès, à savoir la primauté du politique sur le militaire et celle de l’intérieur sur l’extérieur, le chef de l’Etat précisera que «ces principes de bon sens ne peuvent être considérés comme des dogmes quasi religieux, ils doivent nécessairement s’adapter aux circonstances de la lutte de libération et également à la stratégie de l’ennemi».
Glorifiant la guerre de libération nationale sans toutefois la sacraliser, le chef de l’Etat affirmera que celle-ci «comporte des zones d’ombre à l’instar de tous les processus de transformation violente et rapide des sociétés humaines». Une transformation, expliquera le président de la République, qui implique un éclaircissement de la part de nos historiens «avec un souci d’exactitude qui n’oblitère pas l’immense lumière qu’a fait jaillir la révolution».
Ces précisions historiques souhaitées, précisera le chef de l’Etat, ne cadrent absolument pas avec le révisionnisme des colonisateurs et de leur progéniture, notamment les partisans français de la loi du 23 février 2005. A ceux-là, le chef de l’Etat n’hésitera pas à affirmer que les Algériens défendront «comme la prunelle de leurs yeux l’honneur de la nation algérienne» et lutteront «dans la clarté contre le révisionnisme colonialiste qui s’est emparé d’une partie de la classe politique et des médias français».
Il ne manquera pas de dire que «nous avions cru, à l’instar du regretté Houari Boumediene, que la page était tournée… mais non déchirée» et de conclure ce chapitre : «Nous avons été mal payés en retour.»
En incitant les Algériens à préserver l’unité de leurs rangs, le chef de l’Etat expliquera aux Algériens que l’objectif de la réconciliation nationale n’est autre que l’organisation d’un consensus national sans lequel «aucun régime, fût-il sorti des armes, n’est durablement légitime». La réconciliation nationale n’exclut, selon le chef de l’Etat, que ceux «qui ont trahi la nation ou commis des crimes atroces, voire imprescriptibles».
Le chef de l’Etat saisira cette tribune pour saluer la résistance des peuples palestinien et libanais. Saluant la victoire des résistants libanais sur l’armée israélienne, le chef de l’Etat affirmera qu’elle constitue la fierté de tous les peuples arabes. «Je sais que l’Algérie profonde, celle qui n’a oublié ni la nuit coloniale ni l’ébranlement du 1e novembre 1954, ni l’axe stratégique conçu le 20 août 1956, vibre aux hauts faits d’armes de la résistance du peuple libanais, qui a su redonner sa fierté à l’ensemble du Monde arabe.»
Et de conclure que la fidélité au message du 20 Août impose la combinaison des efforts de tous les Algériens pour «préserver l’indépendance et assurer la prospérité dans une compréhension correcte du contexte international dans lequel nous évoluons».
Un contexte qui n’est plus désormais celui «de l’Occident, unique détenteur des techno-sciences […] Nous vivons à l’heure de la mondialisation des techno-sciences et de la repolarisation du monde autour d’anciennes civilisations renaissantes ou l’émergence de nouvelles civilisations».
Par Ghada Hamrouche - La Tribune
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