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Actualité

 

Algérie : Stabilité et continuité

 

Les élections législatives et locales auront lieu au terme du mandat des assemblées actuelles. Le ministre de l’Intérieur, en annonçant les dates de ces échéances constitutionnelles, n’a fait qu’exprimer la routine politique d’une nation qui n’est plus secouée par des crises politiques.

Depuis la révision de la Constitution en 1995, et mis à part l’épisode de la démission du président Zeroual, les élections se tiennent conformément au calendrier établi. La stabilité institutionnelle est devenue la règle. Une bonne chose en soi, sauf que les problèmes et autres crises dans les secteurs socio-économiques sont toujours là.

Les partis politiques, d’opposition ou au pouvoir, considèrent que des réformes doivent être menées. Il ne s’agit pas de trouver des solutions au fait que la formation et l’éducation ne soient pas au niveau des enjeux du siècle. Il ne s’agit pas de savoir comment rendre le secteur industriel productif plus efficient. Il ne s’agit pas non plus de s’intéresser aux problèmes d’une jeunesse qui ne rêve que de partir sous d’autres cieux.

Les universités d’été et autres rencontres partisanes se penchent sur la révision de textes de loi qui organisent le partage du pouvoir. L’exercice de ce dernier n’a pas encore été tranché.

Les partis rêvent d’arriver au pouvoir afin de l’exercer. Les questions redondantes de la révision constitutionnelle et des codes de wilaya et de commune posent en réalité la question de la nature d’un système qui semble fonctionner de manière autonome sans aucune emprise sur le quotidien des citoyens. Cette situation particulière aggrave le fossé entre les hommes politiques et les Algériens. La problématique semble opaque au commun des mortels, mais elle est nécessaire aux dires des initiés.

Le rôle des assemblées et celui de l’administration ne sont pas du goût des partis. Mais la suprématie de l’administration dans le fonctionnement des assemblées locales fait le bonheur des membres de l’Exécutif. Et le ministre de l’Intérieur a le beau rôle lorsqu’il dénonce la corruption avérée de certains élus et l’absence de connaissance et de formation chez d’autres.

Sa volonté de faire des walis de vrais gouverneurs s’exprime au fur et à mesure que les années passent et que les partis s’engluent dans des débats qui les éloignent des seules préoccupations des citoyens. L’accès à l’eau potable, au logement, le désenclavement des petites localités et la création d’emplois ne sont pas l’objet de débats publics.

La stabilité institutionnelle s’accompagne d’émeutes. Les partis y voient l’expression de leur marginalisation et l’administration affirme que c’est l’incompétence des élus qui les provoque. Pour les citoyens, les débats en cours ne régleront rien.

Ils n’y voient que le moyen pour les uns ou les autres d’obtenir plus de pouvoir, donc plus de rente. La continuité dans la stabilité institutionnelle. Une continuité qui ne règle en rien le quotidien des Algériens.

Par Amine Echikr - La Tribune

 

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