L’Iran réfractaire à toute suspension de l’enrichissement
C’est désormais clair, l’Iran refuse catégoriquement de rentrer dans la logique occidentale et de suspendre les opérations d’enrichissement de l’uranium, tel que l’exige le Conseil de sécurité de l’ONU dont l’ultimatum de jeudi prochain menace toujours. Pour Téhéran, les activités nucléaires sont un droit.
Et «toute action pour limiter ou priver l’Iran de cet objectif serait vaine», a tenu à clarifier, hier, Ali Larijani, le négociateur en chef du dossier nucléaire iranien. L’Iran a repris les opérations d’enrichissement de l’uranium en janvier dernier, et a réussi à enrichir l’uranium à 4,8%.
Un niveau qui a suscité une grande controverse, puisque permettant la production du combustible nucléaire. Les Occidentaux ne cachent pas leur crainte que l’Iran utilise cette technologie pour la fabrication de l’arme suprême et ne devienne une puissance nucléaire dans une région explosive. Téhéran reste sans équivoque. Pour le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Reza Bagheri, Téhéran considère «la suspension de l’enrichissement comme une ligne rouge». Et comme pour montrer les meilleures des intentions, il précise que l’Iran est «prêt à coopérer et même à appliquer le protocole additionnel» au Traité de non-prolifération [TNP], qui permet un contrôle poussé du programme nucléaire iranien.
L’Iran a signé le protocole additionnel et l’a appliqué de manière volontaire avant sa ratification par le Parlement, mais a décidé en début d’année, devant la pression intenable des Occidentaux, de suspendre son application.
Ainsi, comme réponse à la dernière proposition des grandes puissances, l’Iran a de nouveau appelé à des négociations, seule issue à la crise nucléaire qui s’éternise. «L’autre partie doit revenir à la table des négociations sans préjugés et sans mauvais caractère pour continuer à discuter, afin d’arriver à une solution», a noté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi.
Pour le président du Parlement iranien, «La réponse fournie par l’Iran le 22 août à l’offre des pays du groupe 5+1 [Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et l’Allemagne] montre la disponibilité [de l’Iran] à régler cette question à travers des négociations». Sous la menace de sanctions de la part du Conseil de sécurité, Assefi a déclaré que la réponse iranienne est «très claire et très complète.
Que les Européens lisent d’abord notre réponse et viennent ensuite à la table des négociations, car la solution pour sortir de la crise existe, à moins qu’ils ne cherchent des prétextes».
De leur côté, hormis quelques déclarations nuancées, les pays occidentaux n’étaient pas satisfaits de la réponse de Téhéran, car selon eux, elle ignorait la demande de suspension de l’enrichissement, hantise des Occidentaux. Samedi, le président iranien, Ahmadinejad, a inauguré l’usine de production d’eau lourde d’Arak, qui servira à un réacteur nucléaire en construction à proximité. Une inauguration qui vaut plus que toutes les réponses.
Par Moumène Belghoul - La Tribune
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