Remboursement anticipé de la dette extérieure de l’Algérie
Les avantages pour l’économie algérienne nés du remboursement par anticipation de la dette rééchelonnée ont été évoqués par un économiste et expert financier au Fonds monétaire international (FMI), Abderahim Bessaha, dans une déclaration à l’APS.
S’exprimant à Washington quelques heures après la signature d’un accord avec l’Allemagne pour le remboursement de 387 millions de dollars –clôturant ainsi la série des remboursements par anticipation de la dette de l’Algérie auprès de 17 créanciers-, M. Bessaha dira que ce geste est «un signal fort» apte à rendre meilleure la situation économique et financière du pays. Et pour cause de pareille déduction, le remboursement effectué par l’Algérie va, estime l’expert du FMI, favoriser la mise en place de systèmes financiers et bancaires domestiques solides et améliorer le crédit de l’Etat.
Par ailleurs, le paiement anticipé de la dette algérienne est perçu comme «une bonne manière, bonne façon de préparer l’avenir en tant que nation créditrice et de faire son entrée dans le marché financier international», note-t-il. Pour M. Bessaha, «l’apurement de la dette extérieure est un signal fort qui pourrait contribuer à une meilleure notation de l’Algérie de la part des organismes de crédit rating internationaux».
Dans cette logique, le même expert estime que l’Algérie doit accumuler les points positifs tels qu’une bonne gestion économique, l’absence de dette publique et la bonne gestion des excédents pétroliers. Selon M. Bessaha, l’Algérie doit poursuivre cette démarche vis-à-vis de ses créanciers du Club de Londres (dette estimée à 800 millions de dollars) et d’autres créanciers commerciaux disséminés dans différents pays et institutions non membres des Clubs de Paris et de Londres.
Dans ce sens, il cite la disponibilité de ressources en devises étrangères qui couvrent plus de deux ans d’importations et représentent quatre fois l’encours de la dette.
«D’après les normes internationales de Guidotti-Greenspan, les réserves internationales doivent représenter un an de dette à court terme. Le coût d’opportunité d’une détention de réserves excédentaires [plus de 60 milliards de dollars] est substantiel et dépasse ce qui est nécessaire à une stabilité financière», constate également l’expert du FMI, expliquant que l’utilisation de ces réserves sur le plan intérieur pour la réalisation d’infrastructures ou dans un portefeuille diversifié à long terme à au moins 6% par an «permettrait de dégager un rendement d’au moins 10 milliards de dollars sur les dix prochaines années».
Interrogé sur le calcul coût-avantages pour l’Algérie, M. Bessaha dira que le service de la dette coûte annuellement entre 4,5 et 5 milliards de dollars, alors que le rendement des réserves placées dans les banques étrangères s’élève en gros à 1,5 milliard de dollars du fait de la faiblesse des taux d’intérêt réels internationaux qui sont en gros de l’ordre de 2% l’an.
Les gains emmagasinés, du fait des remboursements anticipés effectués auprès des 17 pays du Club de Paris, totalisant plus de 7 milliards de dollars, sont «un bon moyen d’utiliser les ressources du pays déposées dans le Fonds de régulation des réserves, estime l’expert.
Pour rappel, avec les 387 millions versés à l’Allemagne, l’Algérie aura soldé son compte en ce qui concerne sa dette rééchelonnée auprès de ses créanciers du Club de Paris. De son côté, le Club de Londres devrait se prononcer dès le début de septembre sur le remboursement anticipé d’une dette privée de 800 millions de dollars.
Par Lyès Ibalitène - La Tribune
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