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Actualité

 

Algérie   De la promesse à la réalité

 

UGTA AlgérieLa volonté politique et la légitimité des revendications pour une augmentation des salaires ont été les arguments avancés pendant les huit premiers mois de l’année en cours. Sans grand débat ni une bonne connaissance de l’état des finances des entreprises algériennes, la décision a été prise : une forte augmentation du pouvoir d’achat des travailleurs aura lieu avant la fin de l’année 2006.

Pour les fonctionnaires, la chose a été simple et sans grande incidence. Il a simplement fallu puiser un peu plus dans les revenus des hydrocarbures. Maintenant qu’il s’agit d’augmenter les salaires des travailleurs du secteur économique, l’équation diffère. Les entreprises publiques ont connu une grande période de désinvestissement.

Elles ont été totalement déstructurées et les options choisies par ceux qui les ont dirigées n’ont pas été toujours judicieuses. La concurrence a réduit de manière importante leur chiffre d’affaires et aggravé le déficit de trésorerie déjà existant à la fin des années 1980.

La seule façon de permettre aux entreprises publiques d’augmenter de manière substantielle leur masse salariale sera évidemment pour le gouvernement de puiser aussi dans la rente pétrolière. Une situation pas toujours agréable lorsque les observateurs et les concurrents du secteur privé vont crier à la distorsion dans les règles de la concurrence.

Une des possibilités que possède le gouvernement pour tenir sa promesse d’augmenter les salaires peut être dans une combinaison de recapitalisation des EPE dans le cadre de la nouvelle stratégie industrielle. Les décideurs devront puiser dans les revenus du Trésor pour effacer une partie ou la totalité des dettes des entreprises. Une opération déjà tentée mais sans réelle vision du devenir des entreprises.

Beaucoup d’entreprises du secteur manufacturier et du textile sont en situation de faillite depuis des années. Il leur est demandé d’augmenter les salaires d’employés qui n’ont pas perçu de traitement depuis des mois. Le paradoxe voudra que cette augmentation soit effective mais que les entreprises soient liquidées dans les mois qui viennent.

Les négociations de branches entre l’UGTA et les responsables des SGP auront eu le mérite de mettre à nu la situation du secteur public économique. Elles auront permis aussi de pousser le gouvernement à trouver des solutions durables pour que les entreprises ne soient plus des entités destinées à cacher du chômage par un sureffectif inutile à l’outil de production.

La promesse d’augmenter les salaires a été très populaire.

Le gouvernement, pour ne pas décevoir, se doit de la tenir.

La manière pour le faire ne devra pas être populiste en tenant une promesse aujourd’hui qui risque de ruiner des entreprises demain.

Par Amine Echikr - La Tribune

 

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