Israël maintient le blocus maritime et aérien sur le Liban
Seize jours après la fin de la guerre, Israël maintient toujours le blocus maritime et aérien sur le Liban. En visite, hier, au Sud-Liban, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan a demandé à l’Etat hébreu de lever ce blocus.
« Nous devons nous occuper de lever l’embargo aérien, terrestre et maritime qui constitue pour les Libanais une humiliation et une atteinte à leur souveraineté», a répété M. Annan, lors d’une visite au QG de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Le secrétaire général de l’Onu s’est rendu ensuite en Israël où il a plaidé pour sa levée comme le réclame la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Mais, Israël conditionne la levée de cet embargo par le déploiement des navires de guerre sous l’égide des Nations unies sur place pour empêcher les ravitaillements en armes au Hezbollah. Et Israël «lèvera le blocus lorsque la communauté internationale, l’Allemagne, le Danemark et les autres seront sur place pour renforcer l’embargo sur les armes par la mer», a affirmé mardi à Copenhague la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni, lors d’une conférence de presse.
Israël exige aussi que les Casques bleus se déploient à la frontière libano-syrienne pour empêcher toute contrebande d’armes à destination du Hezbollah. Le Liban exclut un tel déploiement, estimant avoir mis en place un verrouillage suffisant. L’armée libanaise a, d’ores et déjà, saisi des armes «importantes» appartenant au Hezbollah, a d’ailleurs affirmé le Premier ministre Fouad Siniora, cité dans des journaux européens mardi.
La Syrie qui accueille jeudi Kofi Annan refuse, elle aussi, de voir des forces internationales s’installer à sa porte et a menacé de fermer sa frontière avec le Liban, ce qui risquerait d’étrangler ce pays économiquement.
Le Président syrien Bachar al-Assad et le Premier ministre italien Romano Prodi se sont entretenus mardi au téléphone des «derniers développements au Liban», a rapporté l’agence officielle Sana. M. Prodi a demandé, mardi, au Président syrien Bachar al-Assad «des gestes concrets pour faire repartir le dialogue et consolider la stabilité dans la région» du Proche-Orient, a annoncé un communiqué officiel.
Du côté de la Finul, le déploiement suit son cours. Un millier de Casques bleus italiens ont appareillé à bord de cinq navires mardi à destination de Tyr, ville portuaire du Sud-Liban. L’Italie devrait au total envoyer 2.450 soldats au Liban, soit le plus gros contingent de la Finul, et prendre en février 2007, la relève de la France à la tête de la force multinationale.
L’état-major de l’armée française a, de son côté, annoncé mardi qu’un bataillon de 900 soldats irait renforcer «avant le 15 septembre» les quelque 400 Casques bleus français déjà déployés. Ces renforts seront équipés de 13 chars lourds de type Leclerc, de canons de 155 mm et d’une section de défense anti-aérienne.
Le gouvernement turc va, de son côté, appeler le Parlement à écourter ses vacances pour examiner en urgence une motion sur l’envoi de troupes au Liban, a affirmé mardi aux journalistes le porte-parole du gouvernement, Cemil Cigek.
«Nous projetons que la motion gouvernementale soit examinée au Parlement mardi» 5 septembre, a déclaré M. Cigek au sortir d’une réunion avec le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, et plusieurs ministres. M. Cigek a indiqué plus tard, au cours d’une discussion avec des journalistes, que la durée de la mission confiée aux troupes envoyées au Liban serait d’au moins un an. Selon la presse, la participation turque pourrait être de 600 à 1.200 hommes.
Le déploiement de la Finul renforcée doit permettre aux troupes israéliennes d’achever leur retrait du sud du Liban, où le Hezbollah est toujours solidement implanté et qui refuse pour l’heure de désarmer comme l’exige le Conseil de sécurité.
Alors que le renforcement de la Finul se poursuit, la reconstruction du Liban mobilise la communauté internationale. Les organisateurs de la conférence internationale qui se tiendra, jeudi à Stockholm, pour aider à la reconstruction du Liban ont fixé à 500 millions de dollars (391,8 millions d’euros) le montant des promesses de dons, a annoncé, hier, une responsable suédoise.
«Le montant est de 500 millions de dollars», a déclaré la ministre suédoise déléguée à la Coopération, Carin Jdmtin, lors d’une conférence de presse à Stockholm.
Cette conférence internationale sur l’aide au Liban, à laquelle des représentants de 60 gouvernements et organisations ont été conviés, portera, en premier lieu, sur l’aide humanitaire et la reconstruction immédiate du pays.
Par Hamid Guemache - Quotidien Oran
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